Essais cliniques : en finir avec les idées reçues "Après tout, il faut aussi donner un peu son corps à la science"

ils ont participé à des essais cliniques et nous livrent leur expérience.
Ils ont participé à des essais cliniques et nous livrent leur expérience. © AVAVA - Fotolia

 A 67 ans aujourd'hui, Jean-Claude est atteint d'un cancer de la prostate depuis 2001. Il a accepté de participer à un essai clinique de chimiothérapie en 2008. Après deux chimiothérapies sans effet sur sa maladie, il a accepté la proposition de son cancérologue : "C'est vraiment un partenariat, on sert à la recherche mais de l'autre côté, notre traitement est plus suivi. Nous sommes très informés tout le long de l'essai, notamment des effets secondaires. Je pense que le suivi est meilleur (que lorsqu'on ne suit pas d'essai, ndlr) car il est plus intense. Toutes les semaines on fait un bilan sanguin, et on a un numéro de téléphone qu'on peut contacter 24H/24. On oublie vraiment le processus expérimental de l'essai."

 Jean-Philippe a 35 ans. Il est atteint d'une mucoviscidose et a été greffé en 2008. Il a participé à plusieurs essais, même quand il était encore mineur (avec autorisation parentale entre autres). Il raconte son expérience : "L'important pour moi était que l'essai me permette quand même de préserver mon rythme de vie. J'ai eu des essais d'une durée d'un an, avec des aérosols supplémentaires par rapport au traitement normal. Tout s'est bien déroulé grâce à une grande confiance envers les médecins. Le suivi est très intense mais on garde toujours et à tout moment notre liberté d'agir et de penser, et donc, si on le souhaite, de sortir de l'essai. Le point négatif, c'est que personnellement je n'ai jamais eu les résultats des essais auxquels j'ai participé (la loi impose l'information des résultats depuis 2006, ndlr). C'est en voyant, 2 ou 3 années plus tard, les médicaments que j'avais testés sur le marché que je me disais que l'essai avait marché. Et donc que j'avais reçu le traitement 3 ans avant qu'il ait son autorisation de mise sur le marché (AMM) et ça c'est très agréable. Car après tout, il faut aussi donner un peu son corps à la science."

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