Erreurs médicales : comment parvenir au zéro défaut ? Etat des lieux : toujours des erreurs grossières, malgré beaucoup de garde-fous

se tromper de dosage pour un médicament n'est pas si rare...
Se tromper de dosage pour un médicament n'est pas si rare... © David G - Fotolia.com

L'affaire a été révélée début mars 2011 : le 14 février, un chirurgien du CHR de Saint-Denis (La Réunion) a procédé à l'ablation du rein gauche d'un patient de 71 ans. Problème : c'est son rein droit qui était malade... Lorsque le chirurgien s'est aperçu de sa bévue, il était trop tard pour récupérer le rein ôté par erreur. Résultat : le patient se retrouve sous dialyse alors que ce n'aurait jamais dû être le cas ! Depuis, l'hôpital a suspendu le chirurgien et "présenté ses excuses" au malade, ainsi qu'une proposition d'indemnisation, qu'il peut refuser pour poursuivre l'établissement.

Parmi les erreurs les plus courantes qui engendrent des conséquences parfois désastreuses, on retrouve l'opération pour hernie discale. Cette intervention chirurgicale consiste à retirer tout ou partie d'un disque vertébral qui appuie sur le nerf sciatique. Si un saignement n'est pas pris à temps, cet acte peut entraîner une paralysie de la jambe.

Les accidents sont assez nombreux également dans la spécialité gynécologique. Certaines interventions ont lieu par coelioscopie et il arrive que des organes soient perforés si les instruments sont mal manipulés à un moment donné. "Ce n'est pas une faute technique en soi, mais il faut diagnostiquer et traiter aussitôt, ce qui n'est pas toujours le cas", précise le Dr Courtois. Le cas échéant, ce type d'erreur peut entraîner une péritonite qui peut elle-même conduire à la mort.

Mauvais dosages

"J'attire également l'attention sur les erreurs iatrogènes médicamenteuses, c'est-à-dire dans la prescription ou l'administration de médicaments, souligne Claude Rambaud, du Lien. Beaucoup de patients décèdent parce qu'on leur a administré un médicament auquel ils étaient allergiques ou parce que le dosage n'était pas correct."

Des erreurs de ce genre, malheureusement, on en voit encore régulièrement. L'ennui, c'est que pour l'instant on ne dispose pas de données suffisantes pour établir un tableau clair et complet de la situation : une seule étude récente a été menée en France pour tenter d'en savoir un peu plus sur la quantité d'erreurs médicales. Cette Enquête nationale sur les événements indésirables liés aux soins a montré que la France avait un taux d'erreurs médicales comparable à la Grande-Bretagne. Entre 350 000 et 460 000 "effets indésirables graves" surviendraient chaque année au cours d'une hospitalisation. Soit 3,5 % des admissions en chirurgie et 4,5% en médecine. L'AAVAC dit quant à elle recevoir environ 10 000 dossiers à traiter chaque année.

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