Erreurs médicales : comment parvenir au zéro défaut ? Enquête Eneis : des résultats intéressants mais difficiles à démêler

les événements indésirables graves doivent désormais être obligatoirement
Les événements indésirables graves doivent désormais être obligatoirement déclarés. © Yuri Arcurs - Fotolia.com

Initiée en 2004, renouvelée sur l'année 2009, cette enquête menée à l'échelon national évalue le nombre d'événements indésirables graves (EIG) survenant dans les établissements de santé de court séjour. Basée sur un échantillon représentatif, l'enquête recense ainsi 374 événements indésirables graves en 2009, c'est-à-dire un événement ayant un caractère certain de gravité pour le patient et associé à des soins réalisés lors d'investigations, de traitements ou d'action.

Attention, il ne faut pas pour autant assimiler ces EIG à des erreurs médicales. Celles-ci correspondraient plutôt aux EIG dites évitables, qui sont également répertoriées dans cette enquête. Elles sont au nombre de 87 (un peu moins qu'en 1994) et correspondent à 0,26 % des journées d'hospitalisation.

Déclaration obligatoire

L'enquête cite quelques exemples d'EIG évitables "typiques" : un nouveau-né qui fait un arrêt cardiaque après que l'infirmière lui a injecté un analgésique sans prescription, une femme à qui l'on administre par erreur une dose mortelle d'oxygène... On parle, et c'est un euphémisme, d'accident par administration de soins non optimaux. A distinguer des EIG évitables survenus par défaut de soins. Défaut de suivi, manque d'effectif, kiné insuffisante ayant entraîné une détresse respiratoire... font partie des cas répertoriés.

Si cette étude est intéressante, elle ne permet toutefois pas de noter les évolutions secteur par secteur, alors que des initiatives intéressantes peuvent avoir été mises en place.

La situation devrait toutefois changer dès 2011 puisque les EIG sont désormais à déclaration obligatoire, tout comme l'étaient déjà les infections nosocomiales et les événements indésirables iatrogènes graves (accidents médicamenteux). Ceci dit, comme nous l'avons déjà souligné, les EIG ne sont pas synonymes d'erreur médicale et il y aurait donc encore un grand travail d'enquête et de précision à effectuer avant de pouvoir disposer de données fiables en la matière.

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