Les épidémies d'hier et d'aujourd'hui VIH : le pic épidémique est dépassé

C'est l'épidémie du XXe siècle, celle de toutes les peurs, de toutes les croyances. Il faut dire que le virus du VIH, et la maladie déclarée qui lui correspond, le Sida, a fait 25 millions de victimes depuis son apparition, sur tous les continents. Cette maladie encore inconnue à l'époque commence à faire des ravages aux Etats-Unis, à la fin des années 1970, d'abord dans les milieux gays. Très vite, le fléau s'étend à toute la population. En 1983, une équipe française, emmenée par le Professeur Luc Montagnier, découvre le virus responsable de ce syndrome : il est dénommé VIH. Dans les années 1980, les malades finissent tous par mourir au bout de quelques années de maladies. En 1987, l'AZT, un médicament dit antirétroviral, les aide à prolonger un peu leur espérance de vie. Puis, en 1996, les trithérapies, une association de trois médicaments permettent de faire un bond prodigieux et de retarder considérablement l'apparition des premiers symptômes. Ce qui n'empêche pas l'épidémie de se propager. "Ceci dit, nous nous sommes récemment aperçus que les projections que nous avions faites étaient pessimistes, note le Dr Flahaut. Il semblerait que le pic épidémique soit derrière nous et que le nombre de personnes nouvellement infectées chute désormais. En revanche, le nombre de morts, lui, n'a peut-être pas atteint ce pic, puisqu'il y a bien sûr un décalage entre le moment où l'on contracte la maladie et celui où l'on en meurt." L'épidémie est, quoiqu'il en soit, encore bien d'actualité en 2008.

C'est quoi le VIH ?

VIH, séropositif, sida : difficile parfois de s'y retrouver et de comprendre vraiment ce qui se passe dans le corps. Le vrai nom du virus, c'est le VIH, pour Virus de l'immunodéficience humaine (HIV en anglais). C'est lui qui est responsable de la maladie. Il n'est pas contagieux, c'est-à-dire qu'il ne peut pas s'attraper simplement à l'air libre, en discutant avec une personne infectée. En revanche, il est transmissible, dans certains cas précis, si l'on se retrouve en contact avec le sang ou les sécrétions sexuelles d'une personne infectée.

Le VIH est particulièrement dangereux parce qu'il s'attaque à notre système immunitaire. En fait, sa structure lui permet d'infecter et de détruire certains globules blancs, les lymphocytes T4. Il possède sur la membrane qui l'enveloppe une protéine qui lui sert de clé pour s'introduire dans le lymphocyte. Grâce à tous les éléments présents à l'intérieur du globule blanc, le VIH peut se reproduire en plusieurs exemplaires. C'est ainsi que le virus se multiple rapidement. S'il n'est pas détecté et qu'il continue à proliférer, le VIH va finir par faire baisser le taux de lymphocytes T4 dans le sang. Lorsque ce taux baisse, le corps est exposé à toutes sortes de virus contre lequel il ne pourra plus se battre. Diverses maladies, dites opportunistes, profitent alors de la faiblesse de l'organisme pour s'y introduire et faire des ravages. C'est ce qui finit par tuer le malade.

Quels remèdes contre le VIH ?

Aujourd'hui, les trithérapies permettent dans la plupart des cas de faire taire le virus : il devient indétectable dans le sang et le patient peut donc vivre normalement. Mais attention ! Cela ne signifie en aucun cas qu'il est guéri. Au moindre arrêt de la médication, qui doit se prendre à vie, le virus risque de réapparaître et de se développer à nouveau. En outre, on ne dispose pas d'assez de recul pour savoir si les trithérapies sont efficaces au très long cours.

Il n'existe pas de vaccin contre le VIH aujourd'hui. La seule prévention consiste donc à se protéger pour ne pas être contaminé. Cela passe essentiellement par le port de préservatifs lors de rapports sexuels.

Le VIH aujourd'hui

Si le pic épidémique est derrière nous, le nombre de personnes infectées dans le monde est estimé à plus de 33 millions. Le plus frappant semble être l'inégalité des chances entre malades des pays développés et malades des pays en développement. Si aujourd'hui les patients ont facilement accès à la trithérapie en occident, ce n'est pas le cas en Afrique, par exemple, où le sida continue de faire des ravages. "Toutefois, la prise de conscience de l'importance de la prévention est arrivée plus vite et plus massivement qu'on ne pensait, se réjouit Antoine Flahaut." Reste qu'on note une recrudescence de la prise de risques chez la nouvelle génération, qui n'a pas connu la grande peur suscitée dans les années 1980 et 1990 par le VIH.

Pour l'heure, les recherches pour trouver un vaccin efficace ne se sont pas avérées concluantes.

Lire notre dossier Sida : vivre mieux et plus longtemps

 

 

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