Les épidémies d'hier et d'aujourd'hui Grippe, dengue, leptospirose... Les maladies qui font peur aujourd'hui

 

La peste, la variole ou même la poliomyélite suscitent aujourd'hui peu d'inquiétudes. Mais d'autre maladies préoccupent aujourd'hui les épidémiologistes et font l'objet d'une surveillance.

 La grippe. Hé oui, ce n'est pas pour rien qu'on nous rabâche qu'il faut se faire vacciner ou se préparer à affronter la grippe aviaire. "L'OMS considère que le risque de grippe pandémique est la menace la plus importante à l'heure actuelle, confirme le Dr Antoine Flahaut. Il s'agit du seul virus qui, en quelques mois, peut infecter 40 % à 50 % de la population mondiale." Et selon le type de virus, son potentiel de contagion et sa virulence, une telle épidémie pourrait faire des ravages, à l'instar de ce fameux H1N1 qui sévit juste après la Première guerre mondiale. La fameuse grippe aviaire, d'ailleurs mal nommée, est regardée avec beaucoup de méfiance. Il s'agit en fait de l'influenza aviaire, qui touche les volailles et peut se transmettre à l'homme. Pour l'heure, c'est la seule façon pour l'humain d'attraper ce virus potentiellement mortel. Mais la crainte des spécialistes est que le virus mute et puisse alors se transmettre directement d'un homme à l'autre. L'épidémie serait ainsi beaucoup plus difficile à endiguer et pourrait prendre des proportions mondiales.

 La dengue. Le nom vous dit peut être vaguement quelque chose, sans plus. Et pourtant, la dengue est très présente dans les régions tropicales d'Asie du Sud Est et des Caraïbes. Elle est d'ailleurs également connue sous le nom de grippe tropicale. Après quelques jours d'incubation, elle provoque fièvre, maux de têtes, diarrhées et vomissements puis des hémorragies, souvent au niveau des yeux ou du nez. Généralement, les symptômes régressent puis disparaissent d'eux-mêmes en quelques jours. Dans 1% des cas environ, il s'agit d'une dengue hémorragique, plus grave. Elle peut guérir toute seule mais peut également être mortelle, surtout chez les enfants.

 Le paludisme. "La situation demeure très préoccupante malgré un début de recul tout récent en Afrique", confirme Antoine Flahaut.

 La leptospirose, beaucoup plus discrète d'un point de vue médiatique, surgit pourtant fréquemment dans certains pays. "C'est une zoonose, c'est-à-dire qu'elle est transmise à l'homme par un animal. En fait, il s'agit d'un germe dont le rat est un vecteur. Lorsque l'homme est contaminé, cela cause une maladie hémorragique très préoccupante. Mais l'on ne dispose pas de données épidémiologiques fines sur cette maladie qui survient souvent dans des pays où les infrastructures sont peu développées." Selon l'Institut Pasteur, le nombre de cas de leptospirose est estimé à 500 000 par an, dont plus de 10 % seraient mortels.

 Les gastro-entérites sont également une source de préoccupation, surtout dans les pays chauds. En effet, elles entraînent une déshydratation relativement facile à enrayer dans un pays aux températures modérées, mais qui pose un grave problème sous 40 °C à l'ombre. "Le choléra, qui continue à faire de nombreux morts en Afrique, n'est d'ailleurs rien d'autre qu'un type particulièrement virulent de gastro-entérite", souligne Antoine Flahaut.

 La tuberculose inquiète à deux niveaux : elle connaît une certaine recrudescence avec l'épidémie de VIH. Elle se développe souvent chez des malades séropositifs. En outre, elle devient résistante aux antibiotiques traditionnellement utilisés. "Ceci dit, contrairement à ce qu'on a pu lire, le fameux vaccin du BCG reste efficace, même sur les adultes. Il ne protège pas à 100 % de la tuberculose, mais si elle est contractée, elle ne le sera pas dans sa forme la plus sévère." 


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