Les épidémies d'hier et d'aujourd'hui Communiquer, la meilleure prévention

 La meilleure façon d'endiguer l'épidémie, c'est encore d'éviter qu'elle ne survienne. Et pour ça, il faut que toute la population sache bien comme se protéger pour prévenir la contamination. Cela semble naturel et, pourtant, c'est loin d'être aussi évident, a constaté le Dr Antoine Flahaut.

"Cela m'a frappé lors de la mission à laquelle j'ai participé pour lutter contre le chikungunya à la Réunion. Tous, experts et décideurs, nous savions que le moustique était le vecteur de cette maladie, cela ne faisait pas l'ombre d'un doute et, étant donné le tapage médiatique, nous étions certains que toute la population était au courant. Nous ne nous étions même pas vraiment posé cette question, jusqu'à ce qu'un sociologue de la mission inter-ministériellle nous interpelle en nous demandant "Qu'est-ce qui vous dit que la population, elle, croit que c'est le moustique ?".

Ne pas tout prendre pour acquis


Cela nous a semblé saugrenu mais on a fait une enquête. Elle a révélé que 15 % de la population ne croyait pas du tout que la maladie provenait du moustique et que 25 % n'était pas spécialement persuadée que c'était bien lui le vecteur ! Il y avait donc un vrai décalage entre nous, les experts, qui sommes assis sur nos certitudes, et la population, qui n'y croyait pas vraiment. Dès lors, comment les convaincre de se protéger des moustiques ? C'est ce qui a achevé de me persuader qu'il nous fallait mieux communiquer pour améliorer la prévention."

 

 

 

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