La maladie vue par le cinéma Se souvenir des belles choses : Alzheimer et la mémoire qui s'efface

 

Le film

Pour un coup d'essai, on peut dire que c'est un coup de maître. Ce premier film de Zabou Breitman a remporté les suffrages à la fois de la critique et du public. Et pourtant, le sujet choisi n'était pas des plus simples !

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Pour son premier film, Zabou Breitma a frappé fort avec "Se souvenir des belles choses". © Films de la Suane / Pascal Ito

Claire (Isabelle Carré), la trentaine, a des comportements bizarres depuis quelque temps. Sa sœur Nathalie s'en inquiète et l'emmène consulter un neurologue. Très vite, le diagnostic tombe, sans appel : c'est un Alzheimer précoce. Les deux sœurs ne sont pas surprises car leur mère en est morte quand elles étaient petites et cette forme de la maladie est héréditaire.

Bientôt Claire doit passer ses journées dans un institut spécialisé, au milieu de personnes pour la plupart beaucoup plus âgées qu'elle. C'est là qu'elle rencontre Philippe (Bernard Campan), la quarantaine. Il a perdu la mémoire suite à un accident de voiture. Le coup de foudre est immédiat, l'amour s'ensuit. Tous deux vivent de très beaux moments, malgré la maladie qui gagne du terrain. Ils trouvent des stratagèmes pour continuer à vivre de la façon la plus autonome possible tous les deux. Alors que Philippe progresse, Claire, elle, régresse. Dans un moment de lucidité, pour ne pas oublier de profiter de la vie et d'en garder le meilleur, elle écrit "Se souvenir des belles choses". Malgré tous ses efforts, la jeune femme finit par perdre l'usage de la parole et même par ne plus comprendre ce qui l'entoure. On espère qu'elle garde au fond d'elle le souvenir de cet amour qui a réussi à faire fi de la maladie.

La maladie

La maladie d'Alzheimer est de plus en plus fréquente dans les pays développés. En France, elle touche, avec les maladies apparentées, environ 850 000 personnes. La plupart du temps, elle se déclenche chez le patient âgé. Mais la forme génétique de la maladie, beaucoup plus rare, touche des sujets beaucoup plus jeunes, généralement dans la trentaine.

Le mécanisme de la maladie est aujourd'hui relativement bien connu : les neurones sont progressivement détruits par des protéines qui s'y déposent en excès, formant des plaques qui les empêchent de fonctionner normalement. Le principal et le plus connu des symptômes de la maladie d'Alzheimer, c'est la perte de mémoire : le malade commence par avoir des "absences" de quelques secondes, qui deviennent de plus en plus fréquentes et handicapantes. La mémoire disparaît à rebours : d'abord les souvenirs les plus récents, pour finir par ceux qui remontent à l'enfance. La maladie avançant, le patient perd également les automatismes acquis tout au long de sa vie : écriture, capacité à tenir des couverts, langage... Au fil des mois, il "désapprend".

Aujourd'hui, aucun traitement ne permet de guérir la maladie d'Alzheimer. Certains médicaments et surtout un suivi médical approprié permettent de ralentir un peu sa progression ou d'apprendre au malade à s'adapter, en mettant en place des stratégies palliatives. Le meilleur espoir thérapeutique réside dans la piste vaccinale, mais aucune recherche n'est réellement avancée pour le moment.

La rapidité de l'évolution de la maladie est très variable d'un patient à l'autre. On estime généralement qu'il s'écoule de 7 à 10 années entre le moment du diagnostic et le décès du patient. Il meurt généralement de complications liées à la maladie : insuffisance respiratoire, infection, affaiblissement général...

 

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