Mal au dos, à la cheville, aux cervicales... "Va voir le rebouteux !" Dès le XIIIe siècle et pendant très longtemps, le rebouteux a fait office de kinésithérapeute, un peu partout en France.
"En réalité, les rebouteux font souvent l'étonnement des médecins et des kinésithérapeutes, explique le Dr Dominique Bonneau, lui-même médecin du sport. D'ailleurs, je suis passé par là moi aussi. " Il y a une vingtaine d'années, diplômé de médecine manuelle, il reçoit un jour une jeune femme pour une sciatique, qu'il ne parvient pas à soigner. Quelques jours plus tard elle revient, soulagée, après être allée consulter un ostéopathe. " Intrigué et surpris, je me suis formé à l'ostéopathie, j'ai regardé et appris ce qui se faisait un peu partout dans ce domaine, se souvient Dominique Bonneau. Avec un tel bagage, je pensais dominer ce sujet."
Car il n'y a là rien de la magie ou de la sorcellerie que d'aucuns peuvent prêter à ces praticiens. "Leurs gestes sont parfaitement explicables. Ils vont stimuler directement les capteurs dans les tendons qui informent le cerveau sur l'état d'étirement du tendon, des muscles... Leur technique consiste en quelque sorte à réinitialiser la machine. Disons que c'est de la contre-stimulation, pour s'opposer au problème qu'ils détectent."
D'ailleurs, contrairement à une idée reçue, le corps médical est plutôt réceptif au travail des rebouteux. "D'ailleurs, il est bon de préciser que beaucoup de kinés sont formés à ces techniques. Quant à l'ostéopathie, elle découle directement du travail des rebouteux. En tant que médecin, ce qui nous parait primordial, c'est d'apporter le plus de confort à nos patients et pas d'instaurer un corporatisme. " Actuellement, le Dr Bonneau a étendu son enseignement à l'ensemble des praticiens et auxiliaires médicaux après avoir dans un premier temps prodigué son enseignement aux médecins. Et notamment les sages-femmes, car la pathologie gynécologique a pendant très longtemps été prise en charge par certains rebouteux, en Scandinavie par exemple où un maître rebouteux, Thuré Brandt, avait écrit un ouvrage sur le traitement des prolapsus utérins.