Guérisseurs, médecins, médicaments : méfiez-vous des imitations Le Dr Maure, vrai médecin, faux chirurgien

Il a défrayé la chronique ces dernières semaines. Le jugement du procès dans lequel il comparaît en tant qu'accusé sera rendu début septembre. C'est pourquoi les faits qui suivent doivent s'entendre au conditionnel, le Dr Maure bénéficiant comme tout accusé de la présomption d'innocence.

Michel Maure est bien un médecin, un vrai. Du moins l'était-il jusqu'en janvier 2007, date à laquelle il a été radié définitivement du tableau de l'Ordre national des médecins, après avoir fait l'objet de douze condamnations disciplinaires. Car s'il est bien diplômé de la faculté de médecine, il semblerait toutefois que le Dr Maure, 59 ans aujourd'hui, ait exercé pendant plusieurs années la chirurgie esthétique sans en avoir la qualification et, surtout, sans respect des normes élémentaires d'hygiène et de sécurité.

Quelque 97 patients ont fini par porter plainte. C'est ainsi que Michel Maure s'est retrouvé, en juin dernier, devant le tribunal correctionnel de Marseille où il comparaît pour "publicité mensongère, tromperie aggravée sur les qualités substantielles des prestations de service, mise en danger de la vie d'autrui, blessures involontaires, travail illégal par dissimulation de salariés, non remise de devis et menaces ou actes d'intimidation."

Publicité mensongère
A la barre, les victimes ont défilé pour raconter des scènes, toutes plus apocalyptiques les unes que les autres. Parfois, les doses de d'anesthésiques n'étaient pas suffisantes et la patiente (il s'agissait le plus souvent de femmes) se réveillait au beau milieu de l'intervention, souffrant le martyr. L'une s'est retrouvée avec un sein sous l'aisselle, tandis que l'autre demeurait avec un trou au niveau du sternum. Sans compter la description qui est faite de la salle d'opération. Deux médecins spécialistes s'y sont rendus et décrivent à la barre des stérilisateurs obsolètes, des instruments rouillés, des équipements non-conformes...  Ce qui semble étayer les dires de certaines victimes, dont les infections contractées ont entraîné des complications, parfois graves.

Le président du tribunal a également passé en revue les accusations de publicité mensongère et de tromperie. Sa carte de visite le présente comme Chef du service de chirurgie esthétique tandis que le site web vante les mérites d'une équipe médicale hautement spécialisée. Dans les faits, l'équipe en question compte, outre le Dr Maure, une ex-tatoueuse et un spécialiste en énergétique chinoise...

Le ministère public a requis quatre ans de prison ferme à l'encontre de Michel Maure. Le procureur de la république a également réclamé une amende de 75 000 euros. Le jugement a été mis en délibéré au 8 septembre. 

 

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