Messimy, banlieue de Lyon, début juin : neuf personnes sont interpelées. Un laboratoire clandestin vient d'être démantelé après plusieurs semaines d'investigation. Une première en France, à cette échelle : lors de la perquisition, les enquêteurs trouveront un listing de plus de 500 adresses. Apparemment, les médicaments étaient acheminés par voie postale jusqu'au client.
Ainsi, la France entre dans le large cercle des pays victimes de contrefaçons de médicaments, alors qu'elle était pour l'heure relativement épargnée. Au total, l'Organisation mondiale pour la santé estime que les "faux médicaments" représenteraient 6 % du marché mondial (10 % selon la Food and Drug Administration américaine). Les pays en voie de développement sont, assez logiquement, les plus touchés. Environ 60 % du marché des médicaments contrefaits s'y déroulerait, contre 40 % dans les pays industrialisés, au premier rang desquels les Etats-Unis.
La contrefaçon porte généralement sur des médicaments dits "de confort" ou "de société". Vous avez forcément reçu, un jour ou l'autre dans votre boîte e-mail une publicité pour ces fameuses petites pilules bleues censées vous rendre toute votre virilité (e-mail d'ailleurs envoyé sans distinction aux hommes et aux femmes...). Probablement fausses. Les pilules "pour maigrir" ou certaines hormones sont également largement copiées.
Le faux médicament peut prendre plusieurs formes.
Le principe actif peut être le bon mais dans un dosage moindre.
Il peut n'y avoir aucun principe actif.
Il peut carrément s'agir d'un autre produit, qui semble produire les mêmes effets.
Les produits peuvent contenir des impuretés, voire des substances toxiques.
Le principal risque, c'est de tomber sur un produit inefficace ou partiellement efficace, qui vous soignera donc beaucoup moins bien que la molécule originale. Dans des cas encore plus graves, les substances toxiques présentes dans la contrefaçon peuvent provoquer des troubles. Un supposé sirop de paracétamol contre la toux a ainsi provoqué la mort de 95 personnes à Haïti en 1995 et de 30 nourrissons en Inde, trois ans plus tard.
Chaque année, des campagnes nationales de communication visent à sensibiliser le grand public au problème de la contrefaçon.