Grippe A/H1N1 : ce qu'il faut savoir "Mêmes symptômes que la grippe saisonnière"

Comment meurt-on de la grippe A ?

Antoine Flahault : C'est la même chose qu'avec tout autre virus grippal. On a trois scénarios possibles. Dans le cas le plus grave et le plus direct, le virus envahit le poumon pour donner une pneumonie virale (on parle de syndrome de détresse respiratoire aiguë ou SDRA). Mais c'est très rare, voire exceptionnel.

Ce qu'il se passe plus fréquemment, c'est que les personnes développent des complications bactériennes suite à l'infection grippale. En fait, le virus s'installe dans le corps du malade et fragilise ses bronches, lesquelles font le lit de nouvelles infections bactériennes. La grippe espagnole de 1918 a été très meurtrière pour cette raison. Heureusement, aujourd'hui, les antibiotiques nous permettent de soigner ces infections donc ce n'est pas inquiétant.

En revanche, nous avons encore un autre cas, qui est celui où une infection touche une personne fragile, dont les défenses immunitaires sont diminuées. C'est le cas des personnes déjà malades, des personnes âgées et des nourrissons. Le virus peut là aussi entraîner une infection bactérienne mais ces personnes ne sont pas aussi bien armées pour se défendre et c'est là qu'il peut y avoir beaucoup de décès.

Pourquoi y a-t-il eu autant de morts au Mexique ?

Là aussi, beaucoup d'incertitudes et on ne sait pas bien de quoi sont morts les gens à l'heure actuelle. Peut-être que les malades n'ont pas été soignés correctement, il y a sans doute eu un engorgement des hôpitaux. Ce virus, je le répète, en attendant la preuve du contraire, n'est peut-être pas différent de ceux causant une grippe saisonnière, dans le sens où il va donner des syndromes grippaux habituels et que l'on dispose de traitements et notamment d'antibiotiques en cas de complications. Il n'est donc pas plus grave.

En revanche, ce qui est problématique c'est que c'est un nouveau virus donc il est susceptible de toucher un plus grand nombre de personnes et causer des difficultés de prise en charge, notamment un afflux de malades dans les hôpitaux. C'est peut-être ce qu'il se passe au Mexique.

Propos recueillis le 30 avril 2009

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