10 malades célèbres aux carrières hors normes John Fitzgerald Kennedy, miné par la maladie d'Addison

 

Son histoire

On se souvient aujourd'hui de lui comme du président assassiné au faîte de sa gloire, alors que le monde entier était sous le charme de ce bel américain, moderne et si charismatique.

jfk était obligé de se bourrer de médicaments pour surmonter les douleurs liées
JFK était obligé de se bourrer de médicaments pour surmonter les douleurs liées à sa maladie. © DR

Pourtant, sous ce visage constamment hâlé et ce dynamisme qui s'exprime aussi bien au plan professionnel que personnel, on trouve un homme qui a atrocement souffert, depuis sa plus tendre enfance. Dès sa naissance, John F. Kennedy (JFK) est très fragile : il attrape toutes les infections et maladies qui passent. Il souffre constamment de diarrhées et autres problèmes intestinaux, son dos lui fait déjà très mal.

En 1941, il veut s'engager dans l'armée mais il est déclaré inapte à cause de son dos fragile. Son père intervient et lui permet ainsi de s'enrôler dans l'US navy. Son bateau se fait un jour couper en deux par un ennemi japonais. JFK est blessé au dos mais il parviendra tout de même à sauver et mettre en sécurité plusieurs soldats, ce qui lui vaudra les honneurs.

Quelques années plus tard, alors que le jeune homme est entré en politique et qu'il a fondé une famille, la maladie le rattrape. Il est gravement malade et on finit par diagnostiquer la pathologie dont il souffre : c'est la maladie d'Addison, souvent fatale à l'époque. Ses glandes surrénales fonctionnent mal et entraînent des déficits importants, qui provoquent notamment de l'ostéoporose : ses os cassent facilement, son dos part en miettes, avec des douleurs intolérables à la clé. Au début des années 1950, il doit se faire opérer à plusieurs reprises, on lui pose notamment des plaques et des vis pour maintenir sa colonne vertébrale. Il est si mal qu'il reçoit même l'extrême onction.

Pourtant JFK se relève. Il se relève même si bien qu'en 1960, il se déclare candidat démocrate à l'élection présidentielle. Il est élu le 8 novembre de la même année et devient, à 43 ans, le plus jeune président élu aux Etats-Unis. S'ensuivent trois années où JFK doit redoubler d'énergie pour mener ses différents combats, pendant que la maladie d'Addison continue de lui ronger le dos, les os et les forces. Il se bat pour une égalité des chances entre Blancs et Noirs, pour améliorer la condition sociale des plus démunis et, en même temps, doit gérer la guerre froide avec l'URSS. En 1961 et 1962, il devra coup sur coup assumer l'échec du Débarquement de la Baie des cochons puis l'affaire des missiles de Cuba. Il se distingue également en prononçant un discours acclamé, à Berlin Ouest, où il déclame la fameuse phrase "Ich Bin Ein Berliner", "Je suis un Berlinois".

Pour tenir, il n'y a pas 36 possibilités : JFK doit se bourrer de médicaments, au premier rang desquels la cortisone, qui pourrait expliquer ce visage poupon, presque bouffi. Anti-dépresseurs, antidouleurs tels que la méthadine, hormones thyroïdiennes, opium et amphétamines pour que le cerveau tienne le coup... Bref, un cocktail explosif qui lui permet de déployer une énergie hors du commun malgré les symptômes de la maladie.

Aurait-elle fini par la rattraper ? Sans doute, d'autant que la plupart de ces médicaments sont très nocifs à moyen terme. Mais on n'en aura jamais la confirmation : John Fitzgerald Kennedy est tué d'une balle dans la tête le 22 novembre 1963, alors qu'il fait campagne pour sa réélection au Texas.

 

La maladie d'Addison, qu'est-ce que c'est ?

La maladie d'Addison est un dysfonctionnement des glandes corticosurrénales (qui se situent dans la région des reins). Elle entraîne une production insuffisante voire une non production de cortisol et d'aldostérone, deux hormones indispensables au corps humain. Sur le long terme, elle entraîne une très grande fatigue, des troubles digestifs, de l'hypotension, une coloration brunâtre de la peau. Dans le cas de JFK, la maladie d'Addison fut également responsable d'une ostéoporose, c'est-à-dire d'une fragilisation des os, du dos notamment.

Autrefois, cette maladie pouvait être mortelle. Aujourd'hui, le traitement est simple et permet à la personne malade de mener une vie totalement normale : il lui suffit de prendre des hormones de substitution, qui assurent le rôle de celles qui ne sont plus produites par les glandes corticosurrénales.

 

Ce que la maladie a changé dans sa vie de politicien

La souffrance physique de JFK a forcément dû avoir des répercussions sur sa vie professionnelle. Mais l'on doit bien admettre que si tel fut le cas, il n'en est jamais rien paru. Comme lorsque, blessé, le soldat Kennedy a passé plusieurs jours à secourir ses compagnons de régiment, il semble que le président Kennedy se soit surpassé, oubliant d'écouter les signaux que lui envoyait son corps. Sans doute n'aurait-il pas pu tenir bien longtemps encore dans cette situation. Le jour de son assassinat par Lee Harvey Oswald, les images tournées laissent penser qu'il portait un corset, ce qui l'aurait empêché de se pencher après avoir reçu une première balle dans la poitrine, pour éviter la seconde, qui lui fut fatale. 

 

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