10 malades célèbres aux carrières hors normes Edith Piaf, diminuée par la polyarthrite

 

Son histoire

La légende raconte qu'Edith naît sous un lampadaire de la rue de Belleville, dans le 20e arrondissement à Paris.  En fait, elle serait plutôt née à l'hôpital Tenon, juste à côté. Quoi qu'il en soit, ses débuts dans la vie sont pour le moins difficiles. Sa mère est alcoolique, son père absent. Elle se retrouve chez une grand-mère maternelle, qui la nourrit quand elle a le temps et la laisse croupir dans sa crasse. Son père rentre juste à temps pour la lui enlever et l'emmener chez sa propre mère, qui tient une maison close en Normandie. Elle y est bien traitée mais garde des séquelles de ses premières années. Vers l'âge de huit ans, elle développe une kératite. Cette maladie des yeux la rend aveugle pendant quelques jours, puis tout revient à la normale.

le musée edith piaf conserve de précieux souvenirs de 'la môme'.
Le musée Edith Piaf conserve de précieux souvenirs de "la môme". © L'Internaute Magazine / Agathe Azzis

Mais Edith grandit peu. A l'âge adulte, elle atteint à peine 1,47 m. Ce qui rend d'autant plus impressionnante la portée de sa voix. Car Edith trouve vite son chemin. Pourtant, elle souffre d'un mal qui va finir par la ronger : la polyarthrite rhumatoïde.

Cette maladie s'attaque aux articulations et provoque des douleurs et des déformations. Son intensité est variable d'une personne à l'autre. Chez Edith Piaf, la polyarthrite se déclenche très jeune et va progressivement déformer l'ensemble de son corps et la faire souffrir sans répit. A cette affection grave, qui à l'époque se soigne très mal, s'ajoutent plusieurs accidents de voiture, qui achèvent de martyriser son corps. Plusieurs opérations chirurgicales sont nécessaires afin de la remettre sur pied. Pour tenir le coup, la chanteuse n'a plus d'autre choix que de se faire des injections régulières de morphine. Très vite, elle devient accro. Pire : ce médicament est non seulement une drogue, mais il détruit aussi l'organisme à petit feu.


C'est d'ailleurs d'un abus de morphine et d'alcool qu'Edith Piaf finit par s'éteindre, en octobre 1963, à l'âge de 47 ans : l'abus de ces substances a fini par provoquer une insuffisance hépatique, qui a elle-même entraîné une hémorragie interne. Pendant les derniers mois de sa vie, la chanteuse, extrêmement diminuée, pouvait à peine se lever pour faire quelques pas hésitants dans le jardin de sa maison de Grasse.

 

La polyarthrite rhumatoïde, qu'est-ce que c'est ?

Cette maladie se caractérise pas une inflammation des articulations. Elle touche surtout les mains, les poignets et les genoux. Outre de fortes douleurs, elle provoque une déformation des articulations touchées, qui deviennent plus grosses, plus saillantes. La maladie évolue la plupart du temps par poussées, avec des périodes de répit entre chaque pic.

En France, quelque 200 000 personnes seraient touchées, avec une majorité de femmes. Si la polyarthrite se déclenche souvent après la cinquantaine, il n'est pas rare qu'elle sévisse beaucoup plus tôt, entre 20 et 40 ans, comme ce fut le cas pour Edith Piaf.

Selon les malades, la maladie évolue différemment. Parfois, on constate des guérisons spontanées, cependant très rares. Dans d'autres cas, l'état du patient stagne pendant de longues années tandis que, parfois, la santé se détériore au fil des ans.

Il n'existe toujours pas de médicament pour vaincre la polyarthrite. En revanche, on connaît aujourd'hui beaucoup mieux son fonctionnement qu'à l'époque d'Edith Piaf et on sait beaucoup mieux gérer les douleurs que la maladie entraîne, sans conséquences trop fâcheuses pour l'organisme.

 

 

Comment sa maladie a influencé sa vie d'artiste

Si Edith Piaf a toujours eu l'air de chanter "avec ses tripes", c'est peut-être justement à cause de toutes les souffrances, physiques et morales, qu'elle a dû endurer dès sa plus tendre enfance. Mais surtout, c'est sa passion viscérale pour le chant et la scène qui l'ont maintenue si long temps debout. "Si je ne chante pas, je meurs", avait elle pour coutume de dire. Un peu comme si, malgré les piqûres de morphine qu'elle devait réclamer avant de monter sur scène, cette seule perspective lui permettait de se maintenir debout. Allant toujours jusqu'au bout du bout de ses forces, il lui est même arrivé de s'écrouler sur scène. 

 

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