Diabète : les personnes socialement moins favorisées sont de plus en plus touchées

Alors que la Journée contre le diabète s'articule cette année autour de l'importance d'une alimentation saine, les dernières données fournies par l'InVS illustrent la nécessité d'une politique de prévention ciblée vers les populations à risque.

Diabète : les personnes socialement moins favorisées sont de plus en plus touchées
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Le cap des 3 millions de personnes traitées par médicament pour diabète est désormais franchi en France, selon le Bulletin épidémiologique hebdomadaire, publié mercredi 12 novembre, à l'occasion de la journée mondiale contre cette pathologie. Dans le détail, la prévalence n'a cessé d'augmenter depuis 2006, de l'ordre de 4,7 % chaque année jusqu'en 2009. La progression annuelle s'est ensuite évaluée à 2,8 % entre 2010 et 2012. Le diabète continue donc de se répandre, en particulier au sein des populations socialement et économiquement défavorisées, observe l'InVS. En outre, l'impact des inégalités sociales est important au sein de la population diabétique, plus défavorisée que la population générale. Aussi, la prise en charge ophtalmologique ou bucco-dentaire y apparaît peu équitable. "Il est probable que la situation se soit aggravée, alors que la France traverse une période de crise économique".

Priorité à la lutte contre le surpoids et à la sédentarité. Des associations de patients, comme la Fédération française des diabétiques, alertent régulièrement les décideurs sur les coûts humains et économiques du diabète. Tout comme sur la nécessité d'avoir une politique de prévention plus clairement ciblée vers les populations à risque et tenant mieux compte du fait social que constitue la propagation du diabète dans notre société. Dans un communiqué du 7 novembre dernier, la Fédération Française des Diabétiques et ses partenaires, réunis au sein du Collectif "Tous contre le diabète", demandent que le label "Grande cause nationale" soit attribuée à la lutte contre cette pathologie. Selon Gérard Raymond, le Secrétaire Général de la Fédération Française des Diabétiques, la situation est préoccupante car seuls 27 % des nouveaux cas de diabète recensés chaque année sont imputables au vieillissement de la population. Pour le reste, "c'est du côté de la sédentarité et de l'obésité qu'il nous faut regarder." Selon l'InVS, il est donc plus que jamais essentiel de poursuivre les actions de prévention primaire visant à réduire les principaux facteurs de risque, tels que le surpoids, l'obésité et la sédentarité et de mettre en œuvre des politiques adaptées aux populations à risque, en particulier les plus défavorisées.

Disparités géographiques. Aux quatre coins de l'hexagone, les Français ne sont pas tous concernés par le diabète. Dans le Nord et le Nord-est, la prévalence est la plus importante, avec 5,50 % de diabétiques dans le Nord-Pas-de-Calais, 5,46 % en Picardie, 5,22 % en Alsace et 5,09 % en Champagne-Ardenne. À l'inverse, la pathologie est moins présente en Bretagne (2,94 %, dans les Pays de la Loire (3,71 %), en Basse-Normandie (3,83 %) et en Midi-Pyrénées (3,92 %).  

Des complications qui coûtent cher. Le diabète est une maladie génétique et environnementale qui provoque 30 000 décès par an. La pathologie se divise en deux types, le diabète de type 1 (moins de 10 % des cas) et le diabète de type 2, qui est en passe de prendre des allures épidémiques. Ce qu'il faut savoir, c'est que souffrir de diabète n'implique pas seulement un programme nutritionnel strict à respecter ou des injections quotidiennes d'insuline. La pathologie entraîne aussi d'autres conséquences médicales. Ainsi, le diabète est la 2e cause de maladies cardiovasculaires et la 1ère cause d'amputation et de cécité. Selon le Bulletin épidémiologique hebdomadaire, en 2011, 26 % des patients atteints de diabète consultaient un spécialiste en raison d'une maladie cardiovasculaire. Aussi, 11 % suivaient un parcours médical pour une maladie respiratoire chronique, 5 % pour une maladie psychiatrique, 3 % pour une maladie du foie ou du pancréas et 1 % pour une insuffisance rénale chronique. Il existe par ailleurs des liens entre diabète et santé bucco-dentaire. Près de 70 % des diabétiques l'ignorent. Résultat : plus de 40 % avouent ne pas avoir informé leur chirurgien-dentiste de leur santé. "Un diabète non équilibré est un facteur de risque de la maladie parodontale et peut entraîner une destruction progressive du support osseux de la dent", explique le BEH. Et de préciser : "Si les dents ne sont pas remplacées de manière appropriée, leur perte rend la mastication plus difficile avec des conséquences sur la nutrition et l'équilibre glycémique des personnes diabétiques". Sans compter que le diabète et ses complications constituent le premier poste de dépense de santé. 

 Plus d'infos sur le diabète 

Le site www.diabete.fr propose des contenus et conseils pratiques pour les patients et leur entourage. Des modules "Comment bien manger" et "Comment bouger plus", développés dans le but d'aider les personnes diabétiques et leur entourage à mieux gérer la maladie au quotidien offrent des conseils pratiques élaborés par des experts, des vidéos, des idées d'exercice, des recettes de cuisine, etc.

 A noter dans vos agendas !
L'Institut Mutualiste Montsouris (L'IMM) propose, dans le cadre de la Journée mondiale du diabète, un dépistage gratuit, ouvert à tous, en quelques secondes. Rendez-vous vendredi 14 novembre de 9 h à 16 h.

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