Cancer du poumon : un test sanguin pourrait aider à le diagnostiquer plus tôt

Demain, détecter le cancer du poumon par une simple prise de sang ? Grâce à un test très prometteur mis au point par des chercheurs niçois, de nombreux malades pourraient ainsi être sauvés.

Cancer du poumon : un test sanguin pourrait aider à le diagnostiquer plus tôt
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Une première mondiale dans la recherche contre le cancer du poumon. Actuellement le seul moyen pour détecter ce cancer, c'est le scanner ou la radiographie des poumons. Mais à ce stade-là, la plupart des patients ne sont souvent plus opérables. Une équipe de chercheurs de l'Inserm dirigée par Paul Hofman au CHU de Nice, vient d'effectuer une avancée significative dans le domaine du diagnostic précoce des cancers. Ils ont mis au point un test qui permettra de dépister un cancer du poumon plusieurs années avant qu'il ne se déclare.
Une simple prise de sang. Dans une étude qui vient de paraître dans la revue Plos One, l'équipe montre qu'il est possible de détecter dans le sang des patients à risque de développer un cancer du poumon, des signes précoces, sous forme de cellules cancéreuses circulantes plusieurs mois et dans certains cas plusieurs années avant que le cancer ne devienne détectable par scanner. La possibilité d'identifier ces cellules "sentinelles" est considérée comme un atout majeur dans la course contre la montre visant à détecter, et donc à traiter, précocement le cancer, soulignent les auteurs.
Le plus compliqué était de mettre au point le test permettant d'isoler ces cellules tumorales. Pour ce faire, les chercheurs ont sélectionné des patients à risque, à savoir gros fumeurs et souffrant de broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO), puis ils ont analysé leur sang. Parmi eux, il y en avait 5 sur 250 chez qui on a trouvé ces cellules cancéreuses donc des signaux d'alerte, alors que l'imagerie ne révélait aucun nodule au niveau pulmonaire. Ils ont alors été surveillés de très près et dès qu'une tumeur est apparue sur le poumon, parfois jusqu'à 4 ans plus tard, on les a immédiatement opérés et les analyses effectuées ont confirmé le diagnostic de cancer de poumon. Après la chirurgie, ils ont été suivis et aucun n'a montré de signe de récidive, laissant espérer que le cancer avait été éradiqué.
Prudence avant de déployer ces tests à plus grande échelle. L'enjeu de cette étude, c'est d'anticiper la surveillance radiologique et de pouvoir proposer une intervention chirurgicale plus précoce. Grâce à ce test, les chercheurs espèrent ainsi sauver un malade sur deux. Mais avant d'en arriver là, il faut rester prudent. Avant de le développer dans la population générale, le test sera d'abord réservé à des personnes à très haut risque de développer un cancer du poumon. Rappelons par ailleurs, que ce n'est pas parce qu'on trouve des cellules anormales que celles-ci vont évoluer en cancer. Il existe en effet des mécanismes qui font que le corps va pouvoir dans certains cas les éliminer.

Le cancer du poumon est parmi les plus meurtriers : il tue en moyenne 30 000 personnes chaque année en France. Seulement 15 % de ces cancers sont actuellement diagnostiqués à un stade précoce. 

En vidéo : les travaux de Paul Hofman