Bisphénol A : le Sénat n'a toujours pas voté la loi

Dans la publication de sa veille scientifique trimestrielle, le Réseau environnement santé appelle le gouvernement à faire rapidement voter la loi interdisant le bisphénol A. Ce composé chimique de synthèse contribue aux épidémies de maladies chroniques.

Bisphénol A : le Sénat n'a toujours pas voté la loi
© auryndrikson - Fotolia

Le Réseau environnement santé (RES) vient de publier ses deux derniers bulletins trimestriels de veille scientifique sur les effets toxiques et écotoxiques du bisphénol A. Il invite le gouvernement à inscrire le vote de la loi BPA à l'agenda du Sénat et à accélérer le calendrier des travaux de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses). En septembre dernier, l'Anses a publié son rapport sur les effets de ce composé chimique de synthèse. L'Assemblée nationale a voté le mois suivant l'interdiction de cette substance dans les contenants alimentaires. Cela fait pourtant 8 mois que le Sénat n'a toujours pas voté la loi et que l'Anses n'a pas proposé une révision de la dose journalière admissible (DJA).

Le nombre de travaux scientifiques sur le BPA a progressé de 40 % entre octobre 2011 et mars 2012. 94 % de ces études ont conclu à des effets toxiques sur l'homme ou sur des animaux de laboratoire. Depuis mars 2012, le rythme de publication ne faiblit pas. Une étude publiée dans la revue Endocrinology indique que les effets d'une très faible exposition au BPA sur des souris se transmettaient jusqu'à la quatrième génération alors que seule la lignée parente était exposée. Le RES signale par ailleurs qu'au-delà du BPA, "c'est l'ensemble des perturbateurs endocriniens qu'il faudra maîtriser pour mettre un terme à leur contribution aux épidémies de maladies chroniques qui frappent notre société".

Source : RES