Bisphénol A : ce qu'il faut savoir Bisphénol A : quels risques pour la santé ?

Il y a dix ans, on ne se préoccupait pas des effets du bisphénol A sur la santé. Mais depuis quelques années, les études scientifiques n'en finissent pas de susciter l'inquiétude. 

C'est en 2011 que les autorités de santé commencent à réellement prendre conscience du problème du bisphénol A, lorsque la commission européenne interdit son utilisation dans la fabrication des biberons en polycarbonate. L'Agence française de l'alimentation (Anses) publie de son côté un rapport relatif aux effets du bisphénol A. Il conclut à l'existence d'effets avérés du bisphénol A chez l'animal et suspectés chez l'homme, même à de faibles niveaux d'exposition.
 Chez l'animal, il existe donc une corrélation entre le BPA et la reproduction (on parle de perturbateur endocrinien), la glande mammaire, le métabolisme, le cerveau et le comportement.
 Chez l'homme, on suspecte des effets sur la reproduction, sur le métabolisme et sur les pathologies cardiovasculaires.

L'Anses recommande alors sa substitution dans les matériaux au contact des denrées alimentaires afin de réduire l'exposition de la population. Les nourrissons, les jeunes enfants, les femmes enceintes et qui allaitent sont particulièrement concernées.

En savoir plus : brochure "Bisphénol A : recommandations aux femmes enceintes et aux parents de jeunes enfants".

Dans son rapport d'avril 2013, l'Agence confirme les risques liés au BPA et réitère ses inquiétudes vis-à-vis des femmes enceintes. Elle pointe notamment les effets possibles d'une exposition in utero sur la glande mammaire, comme facteur de risque du cancer du sein.

2014 : la dose journalière tolérable est revue à la baisse.
Ce n'est qu'en janvier 2014, alors qu'elle publie un rapport de réévaluation des risques du bisphénol A pour la santé humaine, que l'Agence européenne de l'alimentation (EFSA) prend réellement au sérieux ses effets sur la santé. Elle identifie des effets probables sur le foie et les reins ainsi que sur la glande mammaire. Elle évoque aussi des incertitudes concernant les systèmes reproductif, nerveux, immunitaire, métabolique, cardiovasculaire, cancers. Et recommande alors de baisser la dose journalière tolérable (DJT) de 0,05 mg/kg/jour à 0,005 mg/kg/jour. L'EFSA se veut rassurante néanmoins : l'exposition des consommateurs se situe bien en-dessous de la DJT provisoire. Pourtant, des associations environnementales reprochent à l'Agence européenne de ne pas prendre la mesure des risques liés à l'exposition au bisphénol A. Ainsi, le réseau environnement santé (RES) est septique. Il lui reproche de s'appuyer sur deux études de 2002 et 2008, toutes deux menées par un même auteur, appartenant à un laboratoire dépendant de l'industrie chimique. Des études qui selon l'association ne permettent pas de voir les effets survenant avec une faible dose de bisphénol A et en particulier son caractère de perturbateur endocrinien. André Cicolella, toxicologue et président du RES rappelle via un communiqué que "95 % des 900 études publiées sur la toxicité du bisphénol A montrent des résultats positifs". Pour le médecin, l'Efsa ne remplit pas son rôle de protection de la santé publique. "La culture même de l'agence, son incapacité à régler adéquatement les questions de conflits d'intérêts, ses faillites méthodologiques et son acharnement à minimiser la philosophie de précaution qui sous-tend la réglementation européenne depuis les années1990 disqualifient de plus en plus l'EFSA, comme cela a été le cas aussi dans le dossier de l'aspartame". 

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