Syndrome du bébé secoué : médecins et parents doivent être mieux informés
Ses conséquences peuvent être graves et parfois mortelles. Afin d'aider les professionnels à mieux repérer les syndromes de bébé secoué et de sensibiliser le grand public, la Haute autorité de santé publie une série de recommandations.
Le syndrome du bébé secoué concernerait 200 nourrissons de moins de 1 an chaque année en France et de moins de 6 mois dans la majorité des cas. A cet âge, le cerveau du nourrisson n'étant pas complètement développé, il ne remplit pas la boîte crânienne. Aussi, lors de violentes secousses, celui-ci peut s'écraser contre les parois et provoquer une rupture des vaisseaux sanguins. Par ailleurs, le fait que la tête soit proportionnellement plus lourde que celle d'un adulte et que les muscles du cou ne maintiennent pas la tête du bébé bien droite favorisent également les lésions.
Pleurs prolongés : coucher le bébé sur le dos dans son lit et quitter la pièce
Les recommandations de la HAS, répondent à deux objectifs principaux. Le premier est de prévenir les récidives fréquentes (plus de 50 % de récidives) en améliorant le diagnostic et la prise en charge des nourrissons victimes de maltraitance par les professionnels de santé. La HAS préconise notamment l'utilisation d'une grille de critères d'aide au diagnostic de secouement.
Le second est de favoriser la prévention auprès des parents sur les risques du secouement et les moyens de l'éviter. Là encore les professionnels de santé doivent être sensibilisés afin de constituer un relais auprès des parents et notamment des jeunes parents, dès la sortie de la maternité. Selon la HAS, il est indispensable de les informer sur les pleurs du nourrisson, sur la possibilité d'en être exaspéré et sur les conséquences parfois irréparables du secouement. Elle revient également sur la nécessité de conseiller les parents sur les bonnes attitudes à adopter face à des pleurs prolongés : coucher le bébé sur le dos dans son lit et quitter la pièce. Inutile de culpabiliser : mieux vaut se ménager, c'est aussi une façon de protéger le bébé.
Voir aussi : les réponses du Dr Anne Laurent-Varnier, chef de service de rééducation des pathologies neurologiques acquises de l'enfant, hôpitaux de Saint-Maurice.