Baclofène : pas pour maigrir

Ce médicament autorisé depuis peu pour traiter l'alcoolisme serait utilisé de manière détournée dans le cadre de régimes amaigrissants.

Baclofène : pas pour maigrir
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Après les critiques à l'encontre du Mysimba, un coupe-faim venu des Etats-Unis, dont l'autorisation de commercialisation a été validée fin décembre, un autre médicament suscite de nouvelles interrogations, faisant à nouveau planer le scandale Médiator. L'Agence du médicament (ANSM) a en effet publié un communiqué afin de mettre en garde contre le détournement du baclofène : il ne doit pas être utilisé comme coupe-faim alerte l'agence. Rappelons que ce décontractant musculaire a obtenu une autorisation temporaire d'utilisation en mars dernier dans le cadre du traitement contre l'alcoolisme afin qu'il puisse être prescrit aux personnes alcoolo-dépendantes sous certaines conditions. Cette étape transitoire doit permettre de notifier les éventuels effets indésirables liés au traitement et permettre de préciser les posologies. C'est donc dans le cadre de cette évaluation que l'Agence du médicament aurait identifié des utilisations du baclofène hors AMM. Selon elle, le médicament serait prescrit de manière détournée dans le cadre de traitements des troubles du comportement alimentaire et dans la prise en charge des régimes amaigrissants. Considérant "le risque de survenue d'effets indésirables potentiellement graves", elle déconseille donc formellement l'utilisation du baclofène (Liorésal et Baclofène Zentiva) dans chacune de ces situations. 

Quand manger devient addictif. Le baclofène avait été révélé en 2008 à l'occasion de la parution du livre Le dernier verre, dans lequel le docteur Olivier Ameisen, racontait comment il avait pu sortir de son addiction à l'alcool. Plusieurs autres médecins avaient alors commencé à prescrire le baclofène à leurs patients, hors AMM. Pour l'heure, on attend les résultats de deux études cliniques pour confirmer son efficacité. Ce que l'on sait, c'est que le médicament semble supprimer la pulsion qui pousse les personnes dépendantes à l'alcool à boire. Avec un effet très rapide, soit entre 2 semaines et 6 mois. Pourrait-on imaginer aussi une efficacité sur la pulsion pathologique d'avaler de la nourriture ? Pour l'heure, le médicament reste contre-indiqué pour traiter les TCA mais la question mérite d'être posée."Dans la pratique, des cas de troubles du comportement alimentaire de type "binge eating", soit de consommation compulsive de nourriture, s'apparentant au "craving" de l'alcoolique, peuvent être améliorés par la prise de baclofène, écrit l'Association Baclofène sur son blog. En revanche, ce médicament n'est pas un coupe-faim et n'a aucun intérêt chez les patients recherchant une pilule pour perdre du poids."

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