Antibiotiques : les acheter à l'unité, pourquoi ?

Plus de 100 pharmacies se sont déjà portées volontaires pour expérimenter pendant un an la vente des antibiotiques à l'unité. Explications.

Antibiotiques : les acheter à l'unité, pourquoi ?
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Les Français stockent en moyenne 1,5 kg de vieux médicaments dans leur armoire à pharmacie. Car bien souvent, la quantité de médicaments achetée dépasse la quantité nécessaire au traitement. C'est donc une opération anti-gaspillage qu'a lancée le ministère de la Santé la semaine dernière, après s'être rendue dans une pharmacie parisienne qui s'apprête à expérimenter la vente d'antibiotiques à l'unité.  

Opération deux en un. En pratique, il s'agira pour le pharmacien de délivrer le nombre exact de comprimés prescrits par le médecin. Ni plus, ni moins. Objectif annoncé : diminuer la consommation d'antibiotiques des Français, la ministre de la Santé rappelant en effet que la surconsommation d'antibiotiques peut entraîner des effets néfastes pour la santé, comme la résistance aux médicaments. Mais pas seulement. "Le gaspillage est mauvais pour les comptes de la Sécurité sociale, pour l'environnement et pour la santé" des Français, a expliqué Mme Touraine. Le décret permettant l'expérimentation de la vente de médicaments à l'unité dans les pharmacies devrait être publié dans les prochains jours, a précisé vendredi la ministre de la Santé Marisol Touraine. 100 pharmacies participeront à cette expérimentation d'un an, qui débutera le 1er octobre. Quatre régions sont concernées : l'Ile-de-France, le Limousin, la Lorraine et PACA. 

Pas automatiques, les antibiotiques. Selon un rapport publié par l'OMS en mai dernier, la résistance aux antibiotiques est aujourd'hui une réalité. "À moins que les nombreux acteurs concernés agissent d'urgence, de manière coordonnée, le monde s'achemine vers une ère post-antibiotiques, où des infections courantes et des blessures mineures qui ont été soignées depuis des décennies pourraient à nouveau tuer", avait alors déclaré le Dr Keiji Fukuda, Sous-Directeur général de l'OMS pour la sécurité sanitaire. Parmi les conclusions de ce rapport, on apprenait ainsi que les bactéries responsables des maladies nosocomiales, ces maladies contractées à l'hôpital, deviennent actuellement super résistantes. Et que certaines maladies qui se soignaient jusqu'à présent très bien, commencent à poser problème. Ainsi, l'année dernière en France, on a dénombré 70 000 infections urinaires résistantes aux antibiotiques. 

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