Affaire Vincent Lambert : le conseil d'Etat demande une nouvelle expertise médicale

Le Conseil d'Etat n'a pas tranché sur le cas de Vincent Lambert, tétraplégique en état végétatif chronique. Il devrait se prononcer avant l'été.

Affaire Vincent Lambert : le conseil d'Etat demande une nouvelle expertise médicale
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Décision repoussée. Comme l'avait préconisé hier le rapporteur public, le Conseil d'Etat demande une nouvelle expertise médicale afin qu'il puisse prendre "la meilleure décision" dans cette "affaire hors norme".
Trois médecins experts en neurosciences seront désignés par l'ordre des médecins, l'académie de médecine et le comité d'éthique pour se prononcer sur le cas de Vincent Lambert. Ils devront donner leur avis sur le "caractère irréversible" des lésions dont souffre Vincent Lambert et dire "si ce patient est en mesure de communiquer", si ses réactions "peuvent être interprétées comme un rejet de soins" ou, au contraire, comme "un souhait que ce traitement soit prolongé".
La plus haute juridiction administrative française avait été saisie par l'épouse de Vincent Lambert et son neveu François, ainsi que par le CHU de Reims où il est soigné depuis son accident de la route en 2008, pour qu'il annule le jugement du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne. En effet, celui-ci avait, à la demande des parents de Vincent Lambert, décidé de maintenir leur fils en vie, contre l'avis des médecins. Les parents de Vincent Lambert sont opposés à l'euthanasie passive de leur fils, persuadés que celui-ci est "présent", au contraire des médecins qui décrivent un patient "atteint d'une maladie grave et incurable" et souffrant "de lésions cérébrales graves et irréversibles". Son épouse Rachel et son neveu François sont, eux, déterminés à respecter ses volontés.
L'avocate du neveu de Vincent Lambert, avait rappelé hier que six médecins avaient déjà jugé que le maintien de l'alimentation et de l'hydratation du patient traduisait une obstination "déraisonnable", un argument censé permettre l'arrêt des traitements prévu par la loi Léonetti.