Furosémide : l'erreur d'une patiente à l'origine de l'affaire

Classée sans suite fin juin, l'affaire avait laissé hors de cause le Furosémide du laboratoire Teva. Une mauvaise manipulation de la part d'une patiente serait finalement à l'origine de l'alerte.

Furosémide : l'erreur d'une patiente à l'origine de l'affaire
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Le fin mot de l'histoire ? L'erreur d'une patiente âgée serait mise en cause dans l'affaire Furosémide. C'est ce qu'a révélé Erik Roche, le directeur du laboratoire Teva qui commercialise les médicaments soupçonnés.
Rappelez-vous, tout avait commencé début juin. Une patiente s'était plainte d'endormissement auprès de son pharmacien à Saint-Malo. A sa grande surprise, ce dernier avait alors découvert  la présence d'un comprimé de somnifère dans une boite de diurétiques : l'alerte avait été donnée. A la suite de quoi, 190 000 boîtes issues des lots suspects avaient immédiatement été retirées du marché afin de procéder à une vérification de longue haleine. En parallèle, plusieurs décès de personnes âgées traitées par du Furosémide® issu du lot douteux avaient suffi à déclencher un véritable emballement médiatique. Pourtant, aucune trace de Zopliclone®, le somnifère soit disant impliqué, n'avait été retrouvée sur le conditionnement du Furosémide® suspect. Par ailleurs, les analyses toxicologiques des personnes décédées n'avaient rien donné et l'inspection des usines du laboratoire Teva n'avait révélé aucune anomalie.
Cette semaine, un nouveau rebondissement met vraisemblablement un terme à cette affaire : l'enquête menée par la gendarmerie estime responsable la patiente de 76 ans de Saint-Malo à l'origine de l'alerte. Celle-ci a en réalité pour habitude d'ouvrir les boîtes de médicaments afin de les mettre dans son pilulier. Les comprimés en excès sont ainsi remis par ses soins dans leur emballage, en refermant minutieusement l'opercule en aluminium, ce qui aurait trompé le pharmacien à l'origine du signalement. Une révélation surprenante comme dénouement de l'intrigue. "Dans cette affaire, tout le monde est de bonne foi, il n'y a pas de malveillance ni de volonté de nuire, juste la maladresse d'une personne âgée. C'est pourquoi nous ne donnerons pas de suites judiciaires à cette affaire", a indiqué le directeur des laboratoires Teva.