Affaire des nourrissons de Chambéry : le récit du chef de service de néonatalogie

Le chef du service de néonatalogie de l'hôpital de Chambéry affirme, dans une lettre, que six autres poches d'alimentation, semblables à celles qui auraient causé la mort des trois nourrissons début décembre, contiennent des bactéries.

Affaire des nourrissons de Chambéry : le récit du chef de service de néonatalogie
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D'après une lettre signée par le Dr Michel Deiber, chef de service de néonatalogie à Chambéry, dévoilée mardi par le journal Libération, des premières analyses effectuées par trois laboratoires à la demande de l'hôpital de Chambéry ont montré que "six poches sont contaminées par un bacille gram négatif (en attente de confirmation sur le germe) et ont également un taux d'endotoxines très important".
Dans cette lettre, envoyée à ses confrères, le médecin explique qu'il s'agit là de "la cause probable des trois décès survenus dans le service", début décembre. Ces six poches contaminées font partie d'un lot de 35 poches produites le 28 novembre par le laboratoire fabriquant et livrées au CH de Chambéry. Si on ajoute les trois poches qui auraient provoqué le décès des trois nourrissons, il y aurait donc un total de neuf poches contaminées par ce bacille, selon lui. Reste qu' "à ce jour, l'identification formelle du germe n'est pas confirmée" et "les souches isolées" dans trois laboratoires régionaux (laboratoire de l'hôpital de Chambéry, celui de l'hôpital Herriot à Lyon et un laboratoire à Montpellier) "ont été envoyées à l'Institut Pasteur qui devrait rendre réponse dans la semaine", indique le Dr Deiber. Marisol Touraine, Ministre de la santé, donne actuellement une conférence de presse, dont les résultats seront connus dans la soirée.
Le chef de service précise dans le quotidien Libération que les trois bébés décédés en décembre dans son service de réanimation néonatale, sont morts "dans des circonstances identiques, à savoir un tableau de choc septique très brutal conduisant au décès en quelques heures malgré les manoeuvres de réanimation mises en place". "A ce moment-là, nous avons pris la décision de fermer l'unité de réanimation pour procéder à une désinfection des locaux et des matériels", relate-t-il. Le médecin déplore par ailleurs les soupçons des autorités suite à cette affaire. "Il a fallu que nous prouvions que nous ne rajoutons ni ne retirons jamais rien des poches avant de les perfuser, que la chaîne du froid n'est jamais interrompue [...]".
Lundi, le laboratoire Marette à Courseulles-sur-mer (Calvados) avait reconnu avoir bien fourni les poches alimentaires responsables de la mort de trois nourrissons à l'hôpital de Chambéry. 


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