5 façons de limiter la résistance aux antibiotiques

L'OMS vient de publier un rapport édifiant selon lequel la résistance aux antibiotiques n'est plus une menace, mais bel et bien une réalité à l'échelle mondiale. Explications.

5 façons de limiter la résistance aux antibiotiques
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Si la France détient aujourd'hui le record européen de consommation d'antibiotiques, c'est l'ensemble des régions du monde qui est concernée par la résistance aux antibiotiques. Selon le rapport de l'organisation mondiale de la santé (OMS) publié mercredi, la résistance aux antibiotiques est désormais une grave menace pour la santé publique. "À moins que les nombreux acteurs concernés agissent d'urgence, de manière coordonnée, le monde s'achemine vers une ère post-antibiotiques, où des infections courantes et des blessures mineures qui ont été soignées depuis des décennies pourraient à nouveau tuer", a déclaré le Dr Keiji Fukuda, Sous-Directeur général de l'OMS pour la sécurité sanitaire.

L'OMS a dressé un tableau très complet de la résistance actuelle aux antibiotiques dans 114 pays. Il documente la résistance aux antibiotiques de sept bactéries différentes, responsables de maladies graves courantes telles que les infections hématologiques (septicémie), les diarrhées, les pneumonies, les infections des voies urinaires et la gonorrhée. Et les conclusions sont très préoccupantes. Les bactéries responsables des maladies nosocomiales, ces maladies contractées à l'hôpital, deviennent par exemple super résistantes. De plus, certaines maladies qui se soignaient jusqu'à présent très bien, commencent à poser problème. L'année dernière en France, on a dénombré 70 000 infections urinaires résistantes aux antibiotiques. "L'efficacité des antibiotiques est l'un des piliers de notre santé, nous permettant de vivre plus longtemps, en meilleure santé, et de bénéficier de la médecine moderne, souligne l'OMS. Si nous ne prenons pas des mesures significatives pour mieux prévenir les infections mais aussi pour modifier la façon dont nous produisons, prescrivons et utilisons les antibiotiques, nous allons perdre petit à petit ces biens pour la santé publique mondiale et les conséquences seront dévastatrices."

Voici 5 règles de base à respecter :

 Toujours respecter la dose et la durée du traitement, même quand les symptômes s'améliorent et qu'on n'a plus l'impression d'être malade.

 Ne pas donner de son traitement à quelqu'un d'autre, même s'il souffre des mêmes symptômes. Chaque prescription est individuelle et seul le médecin peut décider de ce qui est approprié.

 Ne pas réutiliser un antibiotique plus tard, une fois le traitement terminé.

 Au moindre doute ou effet secondaire inattendu, contacter son médecin traitant

 Enfin, parmi les mesures importantes à adopter figure la prévention des infections. Cela commence par une bonne hygiène corporelle. Le simple fait de se laver les mains après être allé aux toilettes, après avoir éternué, en sortant des transports en commun ou avant de faire à manger peut permettre d'éviter bien des complications. L'accès à l'eau potable, la lutte contre les infections nosocomiales et la vaccination sont aussi des mesures nécessaires, souligne l'OMS.

Il est par ailleurs possible de limiter cette résistance grandissante en utilisant les antibiotiques à bon escient. Car non, les antibiotiques ne sont pas des potions magiques qui soignent tout et tout de suite. Rappelons que les antibiotiques ne peuvent rien contre les virus, ils sont efficaces uniquement contre les bactéries. Et plus on les utilise, plus les résistances augmentent. 

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