Aidants, comment se faire aider ?

Les aidants ont un rôle fondamental auprès de leur proche dépendant. Mais cela n'est pas sans conséquence sur leur quotidien, mais aussi sur leur santé. Conseils pour se faire aider.

Aidants, comment se faire aider ?
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Aider un proche en perte d'autonomie demande beaucoup de temps, d'énergie et une grande organisation. Les aidants voient d'ailleurs souvent leur santé fragilisée faute de temps pour se soigner. Ils sont ainsi 24% à déplorer l'effet négatif que peut avoir cette situation sur leur santé et leur forme physique, et 22% sur leur moral, selon le Baromètre des Aidants 2017. Ils sont également près de 3 aidants sur 10 à estimer que cela a un impact sur la qualité de leur sommeil. Pourtant, rares sont ceux qui pensent ou osent demander de l'aide. Or, pour réussir à garder le cap pendant plusieurs années, il est essentiel de savoir s'entourer et prendre soin de soi. D'autant plus que si la charge quotidienne peut ne prendre que quelques heures au début, le temps consacré au proche a souvent tendance à augmenter progressivement au fil du temps. Les aidants ont alors le sentiment d'être débordés et de ne plus avoir de temps pour eux.

A qui faire appel pour les tâches du quotidien ?

Il existe différentes aides extérieures qui peuvent apporter du soutien aux aidants. Si les proches et les amis ne sont pas les premières personnes à qui l'on pense, ils peuvent pourtant être d'une précieuse aide en cas de coup dur. Il ne faut ainsi pas hésiter à les solliciter lorsque cela est possible. Repas, ménage, courses… Ils peuvent en effet à leur manière soulager occasionnellement ou régulièrement une charge de travail excessive. Il est également possible de faire appel à un ou plusieurs professionnels. Le ménage et le repassage peuvent par exemple être réalisés par une aide-ménagère. Un auxiliaire de vie est quant à lui une aide précieuse pour effectuer la toilette, les repas, les courses… Si le domicile de la personne dépendante a besoin d'être adapté, il faut faire appel à un ergothérapeute. Celui-ci réaménagera alors le logement de manière à ce que tout le nécessaire soit accessible au proche en perte d'autonomie, et ce en toute sécurité. Il permettra ainsi à la personne de rester autonome le plus longtemps possible. Les soins, qu'ils soient réguliers ou occasionnels, peuvent par ailleurs être effectués par un infirmier.

Et pour le soutien moral ?

Si parler de ses difficultés, de ses doutes, de ses peurs, etc., à ses proches est une solution, ce n'est pas toujours facile de se faire comprendre et d'être compris. Il est alors possible de se rendre dans des structures telles que des associations et des groupes de paroles pour partager ses sentiments et trouver des réponses pratiques, mais aussi s'informer sur les démarches et les aides possibles. Et parce qu'on n'acquière pas nécessairement tout de suite de bonnes habitudes, certaines de ces structures peuvent aussi dispenser des formations qui permettent aux aidants de renforcer leurs capacités d'accompagnement et de leur apprendre à se préserver. Ces formations sont généralement gratuites.

Quid des aides financières ?

Que la personne dépendante vive à domicile, soit hébergée temporairement ou non dans un établissement, chez des accueillants familiaux ou chez des proches, elle peut bénéficier de différentes aides. C'est par exemple le cas de l'APA (allocation personnalisée d'autonomie) qui est versée sans conditions de ressources aux personnes âgées de plus de 60 ans en perte d'autonomie.

En ce qui concerne l'aidant, il peut être rémunéré s'il devient le salarié de la personne dépendante. Si cette dernière est bénéficiaire de l'APA, elle peut ainsi le rémunérer via cette aide. Il faut toutefois savoir que lorsque la personne en perte d'autonomie emploie un proche, elle se soumet aux obligations au titre d'employeur, telles que la réalisation d'un contrat de travail et des bulletins de paie, le paiement des cotisations sociales… Il est donc nécessaire de bien peser le pour et le contre. Par ailleurs, l'aidant peut, s'il le souhaite, suspendre temporairement son activité professionnelle. En fonction de sa situation, il peut prendre un congé de proche aidant ou de solidarité familiale, demander sa disponibilité ou un temps partiel.

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