L'horloge biologique, à quoi ça sert ?

L'horloge biologique est indispensable au fonctionnement de l'organisme. Mais quel est son rôle ? Où se situe-t-elle ? Peut-on la régler ?... Le Dr Rey, neurologue, nous explique tout.

L'horloge biologique, à quoi ça sert ?
© Alexander Korzh - 123RF

Récemment mise en lumière par un prix Nobel, l'horloge biologique joue un rôle important dans le fonctionnement de l'organisme. Elle contrôle en effet les grandes fonctions biologiques comme le sommeil, la température corporelle, le système immunitaire…

Qu'est-ce que c'est concrètement ?

L'horloge biologique est un ensemble de neurones qui permettent de rythmer un certain nombre d'actions biologiques du corps. C'est par exemple le cas des sécrétions hormonales. Ainsi, le cortisol est secrété le matin et non la nuit. La température du corps baisse quant à elle la nuit et non le jour. "L'horloge biologique permet de synchroniser un ensemble de cellules à faire des choses en même temps pendant 24 heures environ. Avant, on pensait que cela était dû aux rythmes environnementaux. C'est en fait indépendant de l'environnement qui nous entoure", explique le Dr Marc Rey, neurologue responsable du centre du sommeil de Marseille.

Où se situe-telle ?

C'est au niveau de l'hypothalamus, plus précisément des noyaux suprachiasmatiques qu'elle est localisée.

Peut-on la régler ?

L'horloge biologique est remise à l'heure tous les jours grâce au cycle lumière/obscurité. "Il y a une multitude de régleurs, les synchroniseurs, qui font en sorte que l'horloge biologique se met à l'heure quotidiennement. Dans la société d'aujourd'hui, beaucoup de personnes travaillent la nuit et dorment le jour, mais c'est coûteux pour l'horloge biologique. Il y a en effet une dette de sommeil car le sommeil de jour n'est pas le même que celui de la nuit. C'est important de récupérer en dormant la nuit. "

Quel rôle joue-t-elle dans le sommeil ?

Lorsqu'il fait nuit, l'épiphyse sécrète de la mélatonine, qui favorise le sommeil. Elle n'est pas sécrétée en journée. Sa sécrétion informe ainsi l'organisme de la longueur de la nuit. Il faut par ailleurs noter qu'elle est perturbée lorsque les écrans d'ordinateur, de téléphone, etc., sont vus de près. Ils émettent en effet de la lumière bleue, qui rappelle le bleu du ciel et bloque la sécrétion de mélatonine.

Y a-t-il une différence entre les femmes et les hommes ?

A la différence des hommes, "les femmes ont leur rythme biologique qui est dépendant des hormones. Et les rythmes hormonaux modifient le rythme veille/sommeil, ce qui rend le sommeil des femmes plus fragile, affirme le neurologue. Par ailleurs, le rythme biologique est modifié lors de la grossesse. Les femmes enceintes sécrètent en effet beaucoup de progestérone, hormone induisant le sommeil."

La chronobiologie récompensée par un prix Nobel

Le prix Nobel de médecine a été attribué à trois chercheurs américains, Jeffrey C. Hall, Michael Rosbash et Michael W. Young, "pour leurs découvertes des mécanismes moléculaires qui contrôlent le rythme circadien", a révélé l'Assemblée Nobel de l'Institut Karolinska à Stockholm le 2 octobre 2017. Ces scientifiques ont travaillé sur des gènes d'horloge, découverts chez la drosophile et qui permettent de calculer le temps. "Ca faisait longtemps que ceux qui ont observé le rythme veille/sommeil travaillaient sur le sujet, remarque le Dr Rey. C'est important et c'est un plaisir que l'horloge biologique soit célébrée par un Nobel."

"Quand le sommeil nous éveille" du Dr Marc Rey aux éditions Solar.

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