Aude Nyadanu, une chimiste engagée dans l'écologie

Aude Nyadanu, doctorante, vient de recevoir la bourse L'Oréal-Unesco pour ses recherches sur la production de médicaments écologiques et économiques. Portait d'une jeune scientifique qui n'a pas froid aux yeux.

Aude Nyadanu, une chimiste engagée dans l'écologie
© L'Oréal

A seulement 24 ans, Aude Nyadanu est une pionnière dans le domaine scientifique : elle s'emploie activement à créer de nouvelles molécules thérapeutiques pour produire des médicaments respectueux de l'environnement et plus économiques. Actuellement en troisième année de thèse, la jeune femme peut se targuer d'un parcours exemplaire. Après un bac scientifique en 2009 où elle cumule les 20/20 dans presque toutes les matières, elle intègre la prestigieuse École Polytechnique puis entreprend un Master en chimie moléculaire.

D'où lui vient cette passion pour les laboratoires, les blouses blanches et les molécules ? Il ne faut pas chercher bien loin... Sa maman, infirmière, a fait sa carrière dans l'humanitaire auprès de l'ONG Médecins sans frontières et fut une véritable source d'inspiration pour Aude. "A 10 ans, je voulais déjà 'inventer des médicaments' pour avoir un lien avec ma maman. Quand j'étais petite, elle me fascinait avec ses anecdotes de missions et je voulais lui ressembler". Mais ce n'est pas tout, les réactions chimiques des molécules la captivent "Quand j'étais petite, j'avais un mini-laboratoire pour m'amuser et j'étais absorbée par ce que je faisais... Je crois que j'ai toujours gardé cette passion pour les réactions chimiques. J'ai beau être en thèse, je trouve que c'est magique !" , s'amuse t-elle.

"Je trouve que c'est magique !"

Si la curiosité est son moteur, l'altruisme reste son horizon. "Je veux avoir un impact sur la vie des gens et leur santé. Mon métier fait sens dans la mesure où je crée des médicaments qui peuvent changer notre relation au monde ". Plus écologiques, plus économiques aussi, les composants moléculaires manipulés par la jeune scientifique sont exempts de métaux toxiques. Elle élabore ainsi des technologies innovantes pour accélérer la découverte de nouvelles molécules thérapeutiques et produire celles-ci à bas coût dans le respect de l'environnement.

Parallèlement à son travail de chimiste, Aude a fondé une startup baptisée Lowpital qui ouvre à toutes et tous les portes de l'hôpital pour apporter des pistes d'amélioration dans le quotidien des patients et du personnel soignant "Plusieurs fois par an, le collectif invite des personnes à s'immerger quelques jours dans l'univers de l'hôpital afin d'obtenir leur point de vue et leurs idées novatrices... Chacun peut se prononcer sur ce qui lui semble juste ou non et apporter sa pierre à l'édifice", explique t-elle.

Cette hyperactive jongle en permanence avec une multitude de projets... Lui arrive t-il quelquefois de redouter les échecs ? "Dans mon métier, je suis constamment confrontée aux déceptions. Mes expériences scientifiques fonctionnent rarement du premier coup et 80 % de mes tentatives échouent. Dans ce milieu, il faut savoir faire preuve de résilience et surtout de créativité. Tout cela me stimule ! ".

"Je suis constamment confrontée aux déceptions"

Si la chercheuse semble aujourd'hui pleinement épanouie, elle garde un souvenir plus nuancé de ses études... "La plus grosse difficulté quand on étudie la science réside dans l'absence de modèles auxquels s'identifier. Le milieu est majoritairement constitué d'hommes vieux et blancs... En tant que jeune femme d'origine africaine, cela me semblait compliqué de me sentir à ma place dans un labo ".

L'initiative lancée par L'Oréal-l'Unesco apporte cette lumière qui manque parfois aux travaux des femmes scientifiques. "C'est un honneur d'être soutenue par cette bourse et de voir mon travail valorisé et visible. Par ce biais, on montre aux jeunes filles que les femmes scientifiques ne sont pas des  'aliens' éloignées de la réalité, mais qu'elles sont au contraire pleinement impliquées dans le monde. Si elles souhaitent se lancer dans cette carrière, il faut qu'elles foncent. Quand on veut, on peut : c'est ce que j'ai appris ". Et si elles cherchent une mentor ? "Qu'elles n'hésitent pas à m'envoyer un mail, je répondrai présente ! " assure Aude, la magicienne.

A lire aussi :