Levothyrox : l'ancienne formule disponible à partir du 2 octobre

Afin de répondre aux besoins des patients souffrant d'effets indésirables, le Levothyrox revient temporairement en pharmacie sous le nom d'Euthyrox et sur prescription médicale.

Levothyrox : l'ancienne formule disponible à partir du 2 octobre
© CHAMUSSY/SIPA

[Mise à jour, 28/09/2017] Comme l'avait annoncé la ministre de la Santé il y a 10 jours, le Levothyrox, ce médicament prescrit pour les troubles de la thyroïde, sera de nouveau accessible, dès le 2 octobre 2017, sur prescription médicale, pour les patients présentant des effets indésirables persistants. "Les approvisionnements sont en provenance d'Allemagne sous le nom d'Euthyrox (composition exactement identique à l'ancienne formule du Lévothyrox)", précise le laboratoire Merck dans un communiqué de presse du 27 septembre. A noter que, les boîtes importées contiennent 100 comprimés, et non pas 30 comme c'est le cas dans les boîtes actuelles du Lévothyrox.

Retour du Levothyrox : pour qui ? L'annonce du retour en pharmacie du Lévothyrox (Euthyrox) devrait rassurer les patients mécontents suite à son remplacement par un médicament de substitution (L-Thyroxine) fin mars 2017. En effet, celui-ci ne convient pas à tous les patients. Un certain nombre d'entre eux -9000 selon le ministère de la Santé– ont signalé des effets indésirables variables (crampes, maux de tête, diarrhées, vertiges, troubles du rythmes cardiaques…). La laboratoire Merck, qui va débloquer un stock limité d'Euthyrox, rappelle toutefois que celui-ci sera mis à disposition sous des critères spécifiques de délivrance. Autrement dit, ils seront réservés aux patients qui en ont besoin, à savoir ceux qui signalent des effets secondaires malgré un dosage thyroïdien sous contrôle avec la nouvelle formule. "Sur la base d'environ 9 000 patients présentant des effets secondaires signalés par les autorités de santé parmi les 3 millions de patients traités sous Lévothyrox, Merck, conformément aux discussions avec l'ANSM, met à disposition sur le marché français une quantité adaptée d'Euthyrox pour s'assurer que les patients concernés y aient accès", détaille le laboratoire dans son communiqué de presse. Comme l'avait expliqué la ministre de la Santé, la nouvelle formule de Levothyrox convient à la très grande majorité des trois millions de patients. Pour eux, la transition vers la nouvelle formule s'est bien passée. Aussi, ceux-ci doivent impérativement poursuivre leur traitement avec la nouvelle formule.

Solution temporaire. Rappelons enfin que pour les patients présentant des effets indésirables, ce retour du Lévothyrox (sous le nom d'Euthyrox) constitue une solution temporaire. Car à terme, le Levothyrox est bel et bien amené à disparaître. Toutefois, afin de répondre aux demandes des associations de patients que la ministre de la Santé a rencontrées début septembre, l'offre médicamenteuse sera diversifiée. En effet,de nouvelles spécialités de levothyroxine arriveront rapidement sur le marché français afin d'élargir le panel des alternatives médicamenteuses au Levothyrox et permettre aux patients de choisir celui qui leur convient le mieux.

Plaintes contre X. Reste par ailleurs à comprendre pourquoi des patients ont déclaré des effets indésirables et surtout quelles sont les raisons du manque d'information lié à ce changement de formule. Une enquête préliminaire est en cours au pôle de santé publique du tribunal de grande instance de Marseille. Me David-Olivier Kaminski, qui a déjà déposé 12 plaintes au nom d'utilisatrices de Levothyrox, avait expliqué à l'AFP : "il faut que la vérité éclate, et que toutes les responsabilités pénales puissent être envisagées. Seule une enquête judiciaire le permettra." Me Marie-Odile Bertella-Geffroy, ex-juge du pôle santé publique de Paris et conseil de l'Association française des malades de la thyroïde, a déposé de son côté 51 plaintes. Ces plaintes contre X visent la "mise en danger de la vie d'autrui" et la "tromperie" ou encore la "non-assistance à personne en danger". Selon Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, une large partie des effets indésirables serait liée à "des difficultés" à doser cette nouvelle formule.

En France, trois millions de patients prennent ce médicament pour soigner l'hypothyroïdie, ou après une opération de cancer de la thyroïde. C'est aussi le premier pays où cette nouvelle formule a été introduite. Outre l'enquête judiciaire, une enquête de pharmacovigilance a été lancée par l'ANSM. Elle devrait rendre publiques ses conclusions en octobre.

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