Levothyrox : "un défaut d'information sur le changement de formule"

La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a tenu à rassurer les patients, suite au changement de formule du Lévothyrox, un médicament indispensable pour traiter les pathologies thyroïdiennes.

Levothyrox : "un défaut d'information sur le changement de formule"
© CHAMUSSY/SIPA

Le changement de formule du Lévothyrox, ce médicament prescrit pour les troubles de la thyroïde passe mal. "Si l'on regarde les enquêtes de pharmacovigilance et ce qui remonte du terrain, nous sommes à 9 000 signalements sur les trois millions de personnes", qui prennent du Levothyrox en France, a déclaré la ministre de la Santé lundi 11 septembre sur RTL. Selon les informations du Le Figaro du 6 septembre, plusieurs centres de pharmacovigilance crouleraient sous les déclarations au point de ne pas avoir le temps d'en prendre connaissance. Ces effets secondaires vont des maux de tête aux diarrhées, en passant par les vertiges et les troubles du rythme cardiaque. 

A l'occasion d'une conférence de presse organisée le 6 septembre, Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, a tenu à rassurer les patients qui souffrent de pathologies de la thyroïde. "Les patients rencontrent des effets secondaires réels, il ne faut pas les minimiser. Mais ils sont passagers pour la plupart d'entre eux", a-t-elle assuré, avant de signaler qu'aux Etats-Unis, "cette formule du Levothyrox est commercialisée depuis une dizaine d'années, sans alerte sanitaire à déplorer."  Selon la ministre, les signalements d'effets secondaires se chiffreraient à 5000, mais "nous ne connaissons pas le nombre d'effets graves, il faut analyser les données". Par ailleurs, Agnès Buzyn a reconnu que le fait qu'une seule formule du Lévothyrox soit disponible pour les patients pose problème. "Nous réfléchissons aux moyens d'une ouverture du marché français à d'autres formules alternatives de la lévothyroxine", a-t-elle annoncé. Et de préciser qu'en attendant,"le seul danger pour la santé des patients est d'arrêter leur traitement. Ils trouveront le bon dosage avec l'aide de leur médecin."

Rappelons que le changement de formule ne concerne pas le principe actif (la lévothyroxine) mais porte sur les excipients, comme par exemple le lactose qui a été remplacé par le mannitol. L'Agence du médicament (ANSM) a garantit en août que "ces modifications ne changent ni l'efficacité, ni le profil de tolérance du médicament."

Défaut d'information des patients. Reste que les patients sont mécontents. Sur les réseaux sociaux, les témoignages se sont multipliés ces dernières semaines. Une pétition "contre le nouveau Levothyrox dangereux pour les patients", qui circule depuis fin juin, a recueilli plus de 210 000 signatures. L'actrice Annie Duperey a témoigné dans Le Parisien, pour déplorer l'apparition d'effets secondaires dont elle souffre depuis qu'elle prend la nouvelle formule du Levothyrox. En somme, cette crise sanitaire révèle une mauvaise communication à l'égard des patients. "Il y a eu un défaut d'information sur le changement de formule. Les patients qui connaissent des effets indésirables doivent être accompagnés", a déclaré la ministre, après avoir rencontré les associations de malades de la thyroïde. Elle devrait lancer "très prochainement" un groupe de travail pour mieux informer les patients et les professionnels de santé sur les médicaments.

  • Pour toutes questions, l'ANSM met à disposition un numéro vert : 0.800.97.16.53, accessible du lundi au vendredi, de 9h à 19h.

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