En 2018, les bébés seront vaccinés contre 11 maladies

Depuis le 1er janvier 2018, onze vaccins sont obligatoires en France, contre trois jusqu'à présent. La ministre de la Santé Agnès Buzyn vient de confirmer cette extension vaccinale et sa mise en oeuvre. Ce qu'il faut savoir.

En 2018, les bébés seront vaccinés contre 11 maladies
© DmitryNaumov-123rf

[Mise à jour du 5/01/2018]. La ministre de la Santé Agnès Buzyn a confirmé l'extension de l'obligation vaccinale pour les bébés nés à partir du 1er janvier 2018 et avant l'âge de deux ans. Désormais, onze vaccins sont obligatoires en France, contre trois jusqu'à présent : la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite (DTP). "Le principe de la vaccination doit assurer la protection de chacun et de tous. Une politique vaccinale, pour qu'elle soit efficace, doit toucher le plus grand nombre, et doit atteindre 85 % pour certaines maladies" a déclaré la ministre lors d'une conférence de presse ce 5 janvier. Mais si la France présente une couverture vaccinale exemplaire pour les trois vaccins jusqu'alors obligatoires, ceux recommandés restent insuffisants. C'est pourtant grâce à l'immunité de groupe qu'il est possible d'éviter les contagions et de protéger les personnes les plus fragiles, notamment les nourrissons qui ne peuvent encore être vaccinés contre certaines maladies. "Il s'agit d'une étape majeure dans le renforcement de la prévention", précise la ministre qui tient également à mieux informer les parents et à les rassurer sur la vaccination, afin de "lutter contre la désinformation et les idées reçues". 

L'importance des vaccinations. De 1 000 décès par an par tétanos avant la généralisation de la vaccination, on compte ainsi moins de 5 décès chaque année. Autre exemple, grâce à la vaccination contre les infections invasives à pneumocoque chez l'enfant depuis 2003, le nombre de ces infections, source d'hospitalisation et de complications, a été réduit de moitié. 

Quels sont ces 8 nouveaux vaccins obligatoires ?

Les vaccins contre l'haemophilius influenzae B (bactérie provoquant notamment des pneumopathies et des méningites), la coqueluche, l'hépatite B, la rougeole, les oreillons, la rubéole, le méningocoque C (bactérie provoquant des méningites), le pneumocoque (bactérie provoquant notamment des pneumopathies et des méningites) seront désormais obligatoires. Les vaccins contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite le resteront.

Qu'est-ce que cela va changer en pratique ?

L'extension à 11 vaccins obligatoires représente 10 injections pour les enfants, étalées sur 2 ans. Concrètement, cela ne va pas franchement modifier les pratiques. Au moins 70 % des enfants connaissent déjà ces 10 injections sur 2 ans et 80 %, plus de 8 injections. . En outre, "le calendrier de vaccination 2018 confirmera que 10 injections et 6 rendez-vous suffisent pour être vacciné contre ces 11 maladies, notamment grâce à certains vaccins combinés", a précisé la ministre de la Santé. Le fait de rendre obligatoires les vaccins cible donc les familles qui refusent de se soumettre aux obligations de vaccination.

L'entrée en collectivité. Par ailleurs, la vaccination est aussi obligatoire pour l'entrée en collectivité (crèche, halte-garderie, école, assistantes maternelles, etc.). Ainsi, pour que leur enfant soit admis, les parents devront justifier que les vaccins sont à jour en présentant le carnet de santé ou un document du professionnel de santé attestant de la réalisation des vaccins. Ceux dont les enfants sont nés avant le 1er janvier 2018 continueront de présenter les vaccins DTP. 

Ces vaccins seront-ils remboursés ?

Tous les vaccins obligatoires seront pris en charge à 65 % par l'Assurance maladie et à 35 % par les assurances complémentaires qui offrent un "contrat responsable". Par ailleurs, il existe différents circuits adaptés, notamment les centres de vaccination, qui proposent des prises en charge totalement gratuites.

Demain, d'autres vaccins pourront-ils être ajoutés à la liste ?

Un rendez-vous annuel sera instauré pour faire l'état des lieux de la vaccination en France : progression de la couverture vaccinale, épidémiologie des maladies concernées, pharmacovogilance. Ce sera aussi l'occasion de faire, si besoin, évoluer la liste des vaccins obligatoires. "Elle doit être adaptée à la situation épidémiologique du pays, mais si la situation évolue et que cela se justifie d'ajouter ou de retirer des vaccins, je le ferai", avait expliqué en juillet Agnès Buzyn après le discours de politique générale d'Edouard Philippe devant les députés. En cas d'épidémies nouvelles et inattendues, la liste pourrait donc être allongée. 

Les vaccins recommandés sont-ils moins importants ?

Actuellement, la France a des taux de couverture vaccinale meilleurs que les autres pays pour les vaccins obligatoires, mais ils sont en revanche très insuffisants pour la plupart des vaccins recommandés. Alors qu'ils ne sont pas moins "importants". La différence vaccin recommandé/obligatoire n'a pas de fondement scientifique, les deux sont tout aussi importants. Le risque d'une faible couverture vaccinale étant de voir revenir certaines maladies et engendre des hospitalisations et des décès évitables. Ainsi, dans le cas de la rougeole, la couverture vaccinale à 2 ans, qui devrait être de 95 % est seulement à 78 %. Ce qui implique un risque de vagues épidémiques périodiques. Entre 2008 et 2016, plus de 24 000 cas de rougeole ont ainsi été déclarés en France. Près de 1 500 cas ont présenté une pneumopathie grave, 34 une complication neurologique et 10 enfants sont décédés. 

Quelle peine en cas de refus ?

Que se passera-t-il si une famille s'oppose pour raison personnelle à la vaccination ? La sanction pénale spécifique au refus de vaccination est supprimée. "Mais, parce que ne pas faire vacciner son enfant le met en danger et peut mettre en danger les autres, le fait de compromettre la santé de son enfant, ou celui d'avoir contaminé d'autres enfants par des maladies qui auraient pu être évitées par la vaccination, pourront toujours faire l'objet de poursuites pénales", précise le ministère de la Santé.

Plus d'infos sur le site www.vaccination-info-service.fr

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