Des repères pour mieux diagnostiquer le burn-out

La Haute autorité de santé (HAS) publie des recommandations pour aider les médecins à mieux dépister et prendre en charge le burn-out.

Des repères pour mieux diagnostiquer le burn-out
© xl stokkete - 123 RF

Le terme burn-out est entré dans le langage courant, mais il demeure mal connu. Parfois confondu avec le stress ou avec d'autres troubles psychiques, parfois diagnostiqué à tort, il n'en est pas moins un véritable syndrome, qui se traduit selon la Haute autorité de santé par "un épuisement physique, émotionnel et mental profond, causé par un investissement prolongé dans des situations de travail exigeantes."

Le burn-out, lorsqu'il n'est pas -ou mal- pris en charge, peut avoir de graves conséquences sur la vie des personnes. Aussi, il est important de l'identifier afin de proposer une prise en charge personnalisée le plus tôt possible. C'est dans ce contexte que la HAS publie aujourd'hui des recommandations pour aider les médecins traitants et les médecins du travail à diagnostiquer le burn-out, le prendre en charge de façon adaptée et accompagner le retour au travail. 

Un syndrome, pas une maladie. Identifier le burn-out est très complexe, explique la HAS. Les manifestations de ce syndrome diffèrent d'un individu à l'autre et s'installent progressivement, voire "insidieusement". On retiendra qu'ils peuvent être d'ordre :

  • émotionnel : anxiété, tristesse, hypersensibilité, absence d'émotion, etc.
  • cognitif  : troubles de  la mémoire, de l'attention, de la concentration, etc.
  • comportemental ou interpersonnel : isolement social, comportement agressif ou violent, diminution de l'empathie, comportements addictifs, etc.
  • motivationnel : désengagement, remise en cause professionnelle, dévalorisation, etc.
  • physique : troubles du sommeil, troubles musculo-squelettiques, gastro-intestinaux,etc.

Différencier une dépression d'un burn-out. Toutefois, pour établir le bon diagnostic, l'observation de ces symptômes ne suffit pas. En effet, ils ne sont pas spécifiques et pourraient donc révéler une autre pathologie psychique, comme la dépression, les troubles anxieux ou encore un stress post-traumatique. Aussi, la HAS recommande d'analyser –si besoin avec l'aide d'un psychiatre- les conditions de travail (intensité et organisation du travail, exigences émotionnelles, autonomie et marge de manœuvre, relations dans le travail, conflits de valeurs, insécurité de l'emploi) et les facteurs individuels (antécédents personnels et familiaux - notamment antécédents dépressifs -, événements survenus dans la vie personnelle, soutien de l'entourage, rapport au travail).

Reste la question de la prise en charge. Le recours aux antidépresseurs ne doit pas être systématique assure la HAS, mais uniquement proposé "si le burn-out est associé à des troubles anxieux ou dépressifs". La prise en charge doit être individualisée, et associer d'autres types de thérapies, comme les TCC, la relaxation ou encore la méditation de pleine conscience. Un arrêt de travail doit aussi être proposé. Sa durée étant alors adaptée à l'évolution des troubles et du contexte professionnel. Les conditions du retour au travail doivent aussi être anticipées et organisées en coordination avec le médecin du travail. Enfin, l'intervention d'un psychiatre est nécessaire "pour les cas complexes ou sévères, pour une réévaluation des traitements médicamenteux ou pour une poursuite d'arrêt maladie."

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