Des perturbateurs endocriniens retrouvés dans les cheveux d'enfants

Phtalates, pesticides, bisphénol, PCB, etc., ont été décelés dans les cheveux d'enfants et d'adolescents, selon une étude de 60 Millions de consommateurs.

Des perturbateurs endocriniens retrouvés dans les cheveux d'enfants
© Cathy Yeulet - 123RF

Les perturbateurs endocriniens font à nouveau parler d'eux. Selon une étude de 60 Millions de consommateurs, des traces de dizaines de perturbateurs endocriniens ont été retrouvées dans les cheveux d'enfants et d'adolescents âgés de 10 à 15 ans. C'est en faisant analyser une mèche de cheveux de 43 Français résidant aussi bien en ville qu'à la campagne, que les auteurs sont parvenus à ce résultat. Un laboratoire indépendant a ainsi dû y rechercher 254 substances "répertoriées comme des perturbateurs endocriniens potentiels ou avérés". Ce sont entre 23 et 54 molécules qui ont été détectées dans les cheveux de tous les enfants.

Les petits Français, tous contaminés ? Parmi les sept grandes familles de polluants recherchés, il apparaît que tous les échantillons analysés renfermaient des phtalates et pesticides. En revanche, les bisphénols, PCB, hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), métaux lourds et retardateurs de flamme bromés (PBDE) n'ont été détectés que chez une partie des enfants. Interdit en France dans tous les contenants alimentaires depuis 2015, le bisphénol A n'a été retrouvé que dans 20% des échantillons. En revanche, le bisphénol S, qui est utilisé depuis en substitution, était présent dans 98% des échantillons. "Une mauvaise nouvelle" pour l'association car celui-ci est "fortement suspecté" d'avoir les mêmes effets sur la santé que son prédécesseur. En ce qui concerne les HAP, substances potentiellement cancérigènes, ils ont été retrouvés chez plus de 70% des petits Français. Alors qu'il est interdit en France depuis 1987, le PCB a quant à lui été détecté chez tous les enfants sauf un. Ces résultats "suggèrent fortement" que les jeunes Français sont "tous contaminés", estime l'association de consommateurs. Dans son éditorial, la rédactrice en chef du magazine, Sylvie Metzelard, demande "aux très hautes autorités d'arrêter de jouer les poules mouillées et d'imposer des règles […] la meilleure pression vient des consommateurs, capables de refuser d'acheter des produits non vertueux."

Des substances présentes dans de nombreux produits du quotidien. Une étude semblable de l'Association Générations futures avait mis en évidence la présence de résidus de perturbateurs endocriniens dans les cheveux de femmes urbaines en âge de procréer. Entre 12 et 32 résidus différents avaient ainsi été retrouvés dans leurs cheveux. Une autre étude de Santé Publique France menée sur plus de 4 000 femmes enceintes avait mis en évidence la présence de traces de telles substances pour la quasi-totalité d'entre elles.

Ces substances qui perturbent le système hormonal sont présentes dans de nombreux produits du quotidien tels que les aliments, les cosmétiques, les jouets, les produits en plastique, les contenants alimentaires, les meubles… Elles sont accusées de favoriser l'apparition de cancers, de diabète, d'obésité, de retards de développement cérébral et de maladies de la reproduction. Une proposition fixant les critères de définition des perturbateurs endocriniens a été présentée à la Commission européenne en juin dernier. Aucune décision n'a pour l'heure été prise.

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