Vers une épidémie de rougeole ?

Les autorités sanitaires craignent une recrudescence de cette maladie virale cette année.

Vers une épidémie de rougeole ?
© Wang Tom - 123RF

Si la rougeole était en baisse depuis plusieurs années en France, il pourrait bien y avoir une recrudescence de cas en 2017, selon Santé publique France.

Plusieurs foyers épidémiques de rougeole ont en effet été signalés dans un certain nombre de pays européens dont la France, au cours de l'année 2016. Avec près de 3 450 cas déclarés au cours de ces 12 derniers mois, la Roumanie est actuellement le pays européen le plus touché par l'épidémie. En France, le nombre de cas est en baisse depuis 2012. En effet, après l'épidémie de 2008-2012 au cours de laquelle il y a eu près de 24 000 cas de rougeole, le nombre de personnes touchées par cette infection a diminué, avec 260 à 360 cas déclarés chaque année en France. En 2016, il y a eu seulement 79 cas de rougeole "témoignant d'une circulation moindre du virus de la rougeole, mais l'augmentation du nombre de cas depuis le début de 2017 fait craindre une recrudescence de la maladie au cours du printemps", note Santé publique France. Depuis le début de l'année, deux cas d'encéphalite et sept pneumopathies graves ont été répertoriés dans l'Hexagone. Il apparaît par ailleurs que la circulation du virus est particulièrement active dans plusieurs départements. Avec plus de 50 cas, la Moselle est aujourd'hui le département le plus affecté.

Si la vaccination contre la rougeole n'est pas obligatoire, elle est recommandée à partir de l'âge de 12 mois. Et pour cause, cette infection virale est hautement contagieuse et potentiellement grave. Pour Santé publique France, "il est impératif que le statut vaccinal de toute personnes âgée d'au moins 12 mois et née après 1980 soit vérifié et mis à jour avec 2 doses de vaccin". En France, 85% des cas concernent des personnes non vaccinées, dont des enfants de moins d'un an (15%) qui ont des risques de complication. "En raison de leur jeune âge, ils ne peuvent être protégés qu'indirectement par la vaccination de leur entourage", rappelle Santé publique France. Ainsi, une couverture vaccinale très élevée au niveau de la population est essentielle pour lutter contre la maladie. Elle permettrait "d'éliminer la maladie et ses complications, et ainsi de protéger, par un entourage vacciné, les personnes plus fragiles et ne pouvant être elles-mêmes vaccinées" (nourrissons de moins d'un an, femmes enceintes, personnes immunodéprimées).

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