7 gestes pour prévenir les pathologies rénales

Près de 3 millions de personnes en France sont atteintes d'une maladie rénale. Leur prévalence augmente, en particulier en raison de la progression du surpoids et de l'obésité.

© Levente Gyori - 123 RF

Chaque année, en raison d'un diagnostic tardif, des millions de personnes décèdent prématurément d'insuffisance rénale chronique ou de ses complications cardiovasculaires. Le problème, c'est qu'elles sont le plus souvent silencieuses, sans symptômes, donc diagnostiquées trop tardivement. Pourtant, si elles étaient identifiées plus tôt, leur évolution pourrait être ralentie, voire stoppée. D'ailleurs, la maladie rénale est facile à dépister : le diagnostic repose sur des examens très simples, analyses d'urine (recherche de l'albumine) et analyses de sang (dosage de la créatinine).

Le risque d'un dépistage tardif, est la perte progressive de la fonction rénale conduisant à la dialyse ou à la greffe de rein pour sauver la vie du malade. La deuxième conséquence, ce sont les complications cardiovasculaires : les personnes atteintes d'une maladie rénale chronique ont un risque accru d'infarctus du myocarde, d'insuffisance cardiaque, d'accident vasculaire cérébral, ou de thrombose artérielle périphérique, même si leur maladie n'a pas encore évolué vers l'insuffisance rénale.

C'est pourquoi le dépistage doit être une priorité chez les personnes à risque de maladie rénale : diabétiques et hypertendus, obèses, fumeurs, en particulier après 50 ans et en cas d'antécédents de pathologies rénales familiales. Il faut savoir que la plupart des formes de maladie rénale sont traitables, et leur progression peut être enrayée surtout si le traitement est débuté dès leur début. Un dépistage et un traitement précoces permettent souvent d'éviter la progression vers l'insuffisance rénale, la dialyse ou la greffe.

Alors que les maladies rénales chroniques progressent (en augmentation de 17% durant la prochaine décennie), la Fédération Internationale des Fondations du Rein et la Société Internationale de la Néphrologie sensibilisent le grand public, les professionnels de santé et les décideurs à l'occasion de la Journée Mondiale du Rein, organisée ce 9 mars. Au centre de cette 12e édition de la Journée mondiale du rein, la prévention. Avec ce slogan "Une vie saine pour des reins sains". L'occasion d'expliquer que le surpoids et l'obésité contribuent à l'augmentation de la prévalence de la maladie rénale chronique,

Aussi, on pourra retenir 7 mesures de prévention :

  • Contrôler l'excès de poids : avoir une alimentation saine et équilibrée participe à la prévention du surpoids, donc aux pathologies rénales.
  • Prendre soin de sa forme en pratiquant une activité physique régulière : pour la même raison, être actif limite les risques de surpoids et de troubles rénaux.
  • Contrôler son hypertension artérielle : cela permet de ralentir la perte de fonction rénale. Il faut savoir en effet que l'hypertension est l'une des causes les plus fréquentes de maladie rénale chronique.
  • Réduire les apports en sel afin de prévenir l'hypertension artérielle est également recommandé.
  • Contrôler l'hyperglycémie et l'hypercholestérolémie : le diabète est, avec l'hypertension, l'autre grande cause de maladie rénale chronique.
  • Ne pas fumer.
  • Ne pas s'auto-médiquer sur une période trop longue car certains médicaments ont des effets indésirables sur la fonction rénale.
Afin d'améliorer la surveillance et la prise en charge rénale des patients traités pour obésité, l'hôpital Bichat-Claude Bernard a mis en place un suivi pluridisciplinaire (diabétologie, néphrologie, nutrition, chirurgie de l'obésité...). Elle propose un dépistage et une évaluation de la fonction rénale de chaque patient obèse. Un programme permettant de mettre en place des mesures préventives adaptées à chaque situation est également proposé. En outre, une première étude nationale menée dans plusieurs centres en France et à laquelle participe l'hôpital Bichât a été lancée par des médecins en janvier dernier. Cette étude permettra d'évaluer de façon très précise chez des personnes ayant une atteinte de la fonction rénale et une obésité sévère, l'effet d'une perte de poids obtenue avec la chirurgie bariatrique.
Pour participer à l'étude, il faut : être âgé de 18 à 75 ans ; avoir un indice de masse corporelle supérieur à 35 ; souffrir d'une insuffisance rénale même débutante. Plus d'infos : obesite.rein@aphp.fr

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