Le sport sur ordonnance : ce qu'il faut savoir

Le décret autorisant les médecins à prescrire une activité physique entre en vigueur. Qui y a droit ? Sous quelles conditions ? Réponses.

Le sport sur ordonnance : ce qu'il faut savoir
© yanlev - 123 RF

Parce que ses bienfaits pour la santé sont reconnus à la fois en prévention et à la fois dans la prise en charge de nombreuses pathologies, les médecins peuvent, depuis le 1er mars, prescrire à leurs patients des séances d'activités physiques dispensées par des organismes labellisés.

Pour qui ? Ces prescriptions sont réservées aux personnes souffrant d'affections longue durée (cancer, diabète, sclérose en plaques, AVC...).  Selon le décret, il s'agit "d'affections dont la gravité et/ou le caractère chronique nécessitent un traitement prolongé et une thérapeutique". Dix millions de personnes sont concernées, selon le ministère de la Santé. Les prescriptions se feront bien sûr au cas par cas. Dans le cas du cancer du sein par exemple, si tout le monde s'accorde pour dire que le sport est bénéfique, il y a aussi des cas où il peut y avoir des contre-indications. La prescription d'un sport dans le cas d'un cancer va donc dépendre du stade et de l'activité.

Comment ? L'ordonnance de prescription ressemble à celle d'un médicament sauf que le médecin va inscrire la nature de l'activité, l'intensité de la séance, la durée, la fréquence et le contexte (tout seul, dans une structure voire dans un centre spécialisé). Les activités physiques adaptées sont dispensées par des professionnels de santé (kinésithérapeutes, ergothérapeutes, psychomotriciens…) formés.

Quel sport ? Le sport prescrit dépend évidemment des capacités du patient. Les sports les plus fréquemment prescrits sont en réalité "les plus faciles à réaliser : marche, natation, marche nordique, vélo, aquagym, aquabiking, gymnastique mais aussi tai-chi ou qi gong…", avait expliqué le professeur Rivière, chef du service d'exploration de la fonction respiratoire et de médecine du sport de l'hôpital Larrey de Toulouse, lors d'une précédente interview. Autre critère primordial dans le choix du sport : l'envie du patient, avait-il aussi expliqué. "Quel que soit le sport, il faut qu'il soit prescrit en fonction des goûts de la personne, qu'elle y trouve du plaisir et que ce soit ludique." Enfin, la prescription doit être réaliste et adaptée à l'état de santé du patient.

Quel remboursement ? Depuis que le sport sur ordonnance est testé en France, la question de son financement interroge. La loi n'en fait pas mention et les séances ne sont pas remboursées par la Sécurité sociale. Les villes qui ont testé le dispositif ont pris les devants et mis en place des dispositifs de prise en charge. Les médecins et les structures sportives reçoivent par exemple des rémunérations des municipalités, des Agences régionales de Santé ou de groupes d'assurances mutualistes afin que le patient n'ait pas (ou très peu) d'argent à avancer pour réaliser sa prescription. Mais, pour l'heure, comme le souligne au Monde le docteur Alexandre Feltz, adjoint à la santé à la mairie de Strasbourg, qui a mis en place le sport sur ordonnance dans sa ville, "si les collectivités locales ou l'Etat ne prennent pas en charge, le patient devra payer de sa poche, le risque étant d'accroître les inégalités sociales de santé, c'est inacceptable", insiste-t-il.

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