Grippe : les services d'urgence sous tension

Marisol Touraine demande aux hôpitaux de mettre en place les mesures nécessaires pour renforcer les capacités d'hospitalisation des patients les plus sévères.

Grippe : les services d'urgence sous tension
© Tanwa Na Thalang - 123 RF

D'après les dernières données de Santé Publique France, le pic épidémique est sur le point d'être franchi dans plusieurs régions et le nombre de cas enregistrés sur l'ensemble du territoire reste globalement très important.

Moins de syndromes grippaux. En cabinet de ville, les syndromes grippaux représentent 15 % des consultations de SOS Médecins. Pour autant, l'augmentation des consultations pour syndrome grippal en médecine ambulatoire a été moins prononcé la semaine dernière et le nombre de prélèvements positifs a diminué.

Mais hausse des cas graves. A l'hôpital, le nombre de passages et d'hospitalisations pour grippe a aussi diminué. La semaine dernière 4 788 patients sont passés aux urgences pour grippe (ils étaient 5 745 la semaine précédente), parmi eux 787 ont été hospitalisés (1 035 hospitalisations une semaine avant). En revanche, le nombre de cas graves admis en réanimation a grimpé, passant de 381 à 627 en une semaine. "La plupart (69 %) d'entre eux sont âgés de 65 ans et plus. La majorité (93 %) des patients a des facteurs de risque et 47 % d'entre eux n'étaient pas vaccinés , précise Santé Publique France.

Sur BFM TV, Frédéric Adnet, chef du service des urgences de l'hôpital Avicenne à Bobigny (Seine-Saint-Denis) explique que "la situation est tendue, mais on n'observe pas un afflux massif de patients. Nous avons surtout constaté une augmentation des patients qui doivent être hospitalisés, donc pas forcément beaucoup plus de patients qui se présentent aux urgences. Ce sont des patients âgés ou fragiles et sur lesquels la grippe vient décompenser une pathologie respiratoire." 

© Santé Publique France

Plan "hôpital en tension". Mardi soir, lors d'une intervention à Paris devant les directeurs d'hôpitaux, Marisol Touraine a déclaré que les services d'urgences sont "aux limites de leur capacités". Aussi, la ministre a adressé à l'ensemble des établissements de santé une instruction leur demandant de déclencher immédiatement toutes les mesures nécessaires, y compris en déprogrammant des actions, pour éviter toute saturation des urgences. Une mesure habituelle en cette période hivernale. Chaque année en effet, les services d'urgence risquent d'être davantage sollicités que d'habitude. Aussi, des dispositifs gradués existent pour permettre aux hôpitaux de déprogrammer des opérations, d'ouvrir des lits supplémentaires et de rappeler du personnel pour prendre en charge tous les patients qui ont besoin d'être hospitalisés. Le plan "hôpital en tension" consiste ainsi à définir un arsenal de mesures anticipées et hiérarchisées mises en place pour gérer un épisode de tension hospitalière quelle qu'en soit la cause. Il comporte trois niveaux : alerte vigilance, tension avérée, tension prolongée ou de grande amplitude. 

Un virus plus virulent ? Cette année, et comme en 2015, c'est le virus H3N2 qui circule. Ce virus grippal de type A est particulièrement dangereux chez les personnes âgées, ainsi que chez les personnes souffrant de pathologies respiratoires chroniques (BPCO, asthme…). Pour l'heure, aucune surmortalité liée à la grippe n'est constatée par les autorités sanitaires. En revanche, les hospitalisations pour grippe concernent particulièrement les personnes âgées (12 % ont entre 65-79 ans et 70 % sont âgées de 80 ans et plus). Alors que 13 personnes âgées sont décédées en raison de la grippe dans une maison de retraite lyonnaise la semaine dernière, Santé Publique France constate que la couverture vaccinale est de 83 %, mais que celle du personnel est seulement de 22 %.

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