La pollution atmosphérique responsable d’un décès sur dix dans le monde

Un rapport de la Banque mondiale s’alarme des conséquences de la pollution de l’air sur la santé (et l'économie) de notre planète.

La pollution atmosphérique responsable d’un décès sur dix dans le monde
© Pablo Hidalgo - 123 RF

La pollution tue de plus en plus. Selon un rapport de la Banque mondiale publié jeudi 8 septembre, elle est aujourd'hui le quatrième facteur de décès prématuré dans le monde. Au total, les pathologies causées en partie par la pollution, à savoir les maladies cardiovasculaires, respiratoires, neurologiques et même certains cancers, sont responsables d'un décès sur dix dans le monde. Et alors que près de 90 % de la population y est exposée sur l'ensemble de la planète, les plus jeunes et les plus âgés sont sans surprise les plus fragiles. La pollution de l'air est ainsi responsable de 5 % des décès des moins de cinq ans et de 10% de ceux qui ont plus de 50 ans, précise l'étude. 

Conséquence directe de ce fléau sanitaire : un manque à gagner de centaines de milliards de dollars pour l'économie mondiale. Ainsi l'étude évalue que les pertes de revenus du travail imputables à ces décès se sont chiffrées à environ 225 milliards de dollars en 2013.

Quels pays sont les plus (et les moins) pollués ? L'Asie de l'Est est particulièrement exposée : elle compte 2,2 millions de décès dus à la pollution extérieure (air ambiant) comme intérieure (pollution du foyer), suivie par l'Asie du Sud (1,8 million), puis l'Afrique sub-saharienne (605 000). En 2013, les plus fortes concentrations de particules fines dans l'air ont été relevées en Afrique du Nord et au Moyen-Orient du fait de poussières minérales portées par les vents, et en Asie du Sud et de l'Est. A l'inverse, les pays aux plus faibles taux d'exposition à ces particules sont l'Australie, la Norvège, les îles du Pacifique et des Caraïbes.

"Avec ce rapport, qui chiffre les coûts économiques de la mortalité prématurée liée à ce fléau, nous espérons trouver un écho chez les décideurs et faire en sorte que l'on consacre davantage de ressources à l'amélioration de la qualité de l'air", a déclaré Laura Tuck, vice-présidente de la Banque mondiale pour le développement durable.

En France, une étude menée par Santé Publique France, avait estimé en juin dernier que la pollution de l'air serait responsable de 48 000 décès par an, soit 9 % des décès, et ferait perdre, dans les villes les plus polluées, jusqu'à 2 ans d'espérance de vie à 30 ans. Le Pr François Bourdillon, directeur général de Santé Publique France, avait alors évoqué le "3e fardeau derrière l'alcool et le tabac", en termes de santé publique. Par ailleurs, un rapport du Sénat, publié en 2015, avait chiffré le coût de la pollution à plus de 100 milliards d'euros annuels, évoquant alors une "aberration économique".

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