Attentat de Nice : l'indispensable accompagnement psychologique

Après le terrible attentat de Nice, le ministère de la santé a annoncé la gratuité des soins pour toutes les victimes. Le point sur ce dispositif et sur les aides psychologiques.

Attentat de Nice : l'indispensable accompagnement psychologique
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A Nice, après l'attentat dont le bilan fait état actuellement d'au moins 84 morts, une Cellule Interministérielle d'Aide aux Victimes, joignable au 01 43 17 56 46, a été mise en place.

Tous les soins médicaux pris en charge à 100%. En déplacement à Nice, Marisol Touraine a annoncé que toutes les victimes des attentats allaient bénéficier, immédiatement, de la gratuité des soins. En d'autres termes, tous les soins médicaux sont intégralement pris en charge à 100%, sans avance de frais, y compris les dépassements d'honoraires, et ce au-delà de la période d'un an initialement définie dans le cas des attentats de Paris.

Pour qui ? Selon les termes du décret publié en janvier dernier au Journal Officiel, sont concernés les blessés, c'est-à-dire "les personnes présentes sur les lieux de l'acte de terrorisme et ayant subi un dommage physique ou psychique immédiat directement lié à cet acte". Ainsi que les personnes impliquées,  il s'agit des "personnes présentes sur les lieux de l'acte de terrorisme qui, ultérieurement à cet acte, présentent un dommage physique ou psychique qui lui est directement lié".

Cellules d'urgence médico-psychologique : consulter le plus vite possible. Immédiatement après l'attaque, les autorités sanitaires ont déployé des moyens importants pour prendre en charge les victimes et leurs proches. En plus du Plan blanc, une prise en charge médico-psychologique, incluant un dispositif spécifique à destination des enfants, a été mis en place sur trois sites à Nice afin d'accompagner les familles et les patients impliqués. 30 professionnels de santé (médecins psychiatres, psychologues et infirmiers) sont actuellement mobilisés au sein de ce dispositif précise le ministère de la Santé dans un communiqué de presse.

Cette aide est évidemment essentielle afin que les victimes et témoins bénéficient d'une aide psychologique rapide. Selon une étude épidémiologique (étude I.M.P.A.C.T.S) menée auprès de 190 civils (victimes, témoins ou personnes endeuillées) suite aux attentats de janvier 2015, l'impact psycho-traumatique est très important. Les résultats publiés en juin 2016 par l'Agence régionale de santé d'Ile-de-France et Santé publique France, révèlent notamment que les personnes ayant bénéficié d'une prise en charge précoce ont eu deux fois moins de troubles à six mois que les autres. Pourtant, seulement 4 % des civils directement menacés avaient consulté spontanément. "Le repérage pour proposer un accompagnement médico-psychologique de toutes les victimes, qu'elles soient simples témoins ou directement menacées constitue un enjeu majeur, car ces personnes ne pensent pas spontanément à consulter un professionnel de santé ou à en parler", conclut l'enquête. En outre, six mois après les attentats, près de 4 personnes sur 10 présentaient toujours au moins un trouble de la santé mentale : stress post-traumatique (20 %) ; dépression caractérisée (10 %) ; troubles anxieux (30 %). Par ailleurs, un tiers de ces personnes se sont retrouvées dans l'impossibilité de travailler du fait de leur santé suite aux événements et 6 % n'avaient toujours pas repris leur travail six mois après.

Les victimes, les proches, mais aussi les témoins et habitants, peuvent joindre les cellules psychologiques s'ils ressentent un mal-être ou des réactions inhabituelles (stress, crises de larmes, etc.). En parler rapidement est indispensable. "Les réaction surviennent généralement 4-5 jours après", nous avait expliqué le psychiatre Antoine Pelissolo, psychiatre, que nous avions interrogé après les attentats de Paris. 

Plus d'infos :

  • Maison d'accueil des victimes, sous le pilotage de la Cellule Interministérielle d'Aide aux Victimes 6 rue Gubernatis 06000 Nice.
  • Numéro d'information du public à Nice : 04 93 72 22 22
  • Cellule interministérielle d'aide aux victimes : 01 43 17 56 46
  • Toute personne, à Nice ou ailleurs en France, qui aurait besoin d'une assistance médico-psychologique peut bénéficier d'un soutien en contactant le Samu-Centre 15.

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