Glyphosate : la Commission européenne donne son feu vert à l'herbicide controversé

La Commission européenne a décidé d’autoriser le glyphosate pendant une période de 18 mois, dans l’attente d’un nouvel avis scientifique.

Glyphosate : la Commission européenne donne son feu vert à l'herbicide controversé
© Rene Van Den Berg - 123 RF

Malgré la résistance de certains Etats membres, l'autorisation du glyphosate, l'herbicide controversé du Roundup, a finalement été prolongée par la Commission européenne pour une période de dix-huit mois au maximum. 

Depuis plusieurs mois, le renouvellement de l'autorisation de mise en vente de ce désherbant, notamment commercialisé par Monsanto, qui expirait le 30 juin, fait polémique. Et en trois rencontres, les experts représentants des États membres ne sont jamais parvenus à se mettre d'accord. Lors du dernier vote, le 24 juin, la France et Malte ont voté contre, mais surtout, l'abstention de sept pays (Allemagne, Italie, Portugal, Autriche, Luxembourg, Grèce, Bulgarie) a bloqué toute décision. La Commission européenne a donc décidé d'autoriser le glyphosate pour 18 mois, dans l'attente d'un nouvel avis scientifique, émanant cette fois de l'Agence européenne des produits chimiques (ECHA).

Foodwatch, Générations Futures et la Ligue contre le cancer, qui ont publié un communiqué de presse commun,  évoquent un "scandale". Selon eux, la Commission gagne du temps par crainte des foudres de l'industrie chimique. "Il faut donc l'interdire pour protéger la santé des consommateurs et des agriculteurs en appliquant strictement le principe de précaution inscrit dans nos nos textes européens".

Risque de cancer ? Rappelons que le glyphosate est suspecté d'être cancérigène. Mais le problème, c'est que les études scientifiques n'aboutissent pas toutes aux mêmes conclusions. Selon un rapport de mars 2015 du Centre international de recherche sur le Cancer de l'OMS (CIRC) il s'agit d'un "cancérigène probable". De son côté, l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSAestime qu'il est "sans danger". Plus récemment, un rapport des Nations Unies (dont fait partie l'OMS) évoque un risque "peu probable". Partisans et défenseurs du glyphosate s'affrontent ainsi depuis des mois, sans trouver de consensus.

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