Le téléphone portable est à nouveau soupçonné d'avoir un effet cancérigène

Les résultats partiels d'une étude américaine ravivent le débat autour des potentiels effets cancérigènes des radiofréquences émises par les téléphones portables.

Le téléphone portable est à nouveau soupçonné d'avoir un effet cancérigène
©  Leung Cho Pan - 123RF

Les résultats partiels d'une étude menée par le National Toxicology Programme (NTP) aux États-Unis, suggèrent un lien entre l'exposition à des radiofréquences caractéristiques des téléphones portables, et l'apparition de certaines tumeurs. Que faut-il en penser ?

Cette large étude a été réalisée sur des rats. Les animaux ont été exposés avant la naissance (in utero) et jusqu'à la fin de leur vie (2 ans). Leur corps entier a été exposé pendant environ 9 heures par jour à des radiofréquences de 900mHz et à des débits d'absorption spécifique (DAS) de 1,5W/kg, 3 W/kg et à 6W/kg. Les animaux étaient répartis par sexe et par groupe de 90 individus par DAS. 

Seuls les mâles sont touchés. Les premiers résultats de l'étude se concentrent sur deux pathologies observées : un gliome malin et une tumeur cardiaque rare. Le gliome était observé chez environ 3% des rats de chaque groupe exposé. La tumeur cardiaque était quant à elle détectée chez 1 à 5% des rats de chaque groupe et son incidence augmentait avec les valeurs de DAS. Ces deux tumeurs n'ont pas été observées chez les animaux témoins n'ayant pas été exposés aux radiofréquences. Les chercheurs concluent que les tumeurs observées sont "probablement" dues à l'exposition aux radiofréquences à laquelle ont été soumis les animaux. Ils sont d'ailleurs plus certains du lien entre la tumeur cardiaque et l'exposition aux ondes. Enfin, de manière très surprenante, aucun effet significatif n'a été décelé chez les femelles. Les scientifiques n'ont pour l'instant pas trouvé d'explication pouvant expliquer ce phénomène. 

Faut-il s'inquiéter ? Les chercheurs restent prudents et rappellent qu'il ne s'agit ici que des premiers résultats de l'étude, et que d'autres sont encore en cours de révision. Ces nouvelles informations sont donc à prendre avec des pincettes. Il est aussi important de noter que pendant ces expériences, la totalité du corps des animaux a été exposée aux radiofréquences. En réalité, notre corps n'est jamais entièrement exposé aux ondes émises par nos téléphones portables. De plus, en France, le DAS maximum autorisé est de 2W/kg. Or la plupart des téléphones mobiles ont un DAS inférieur à 1W/kg, comme l'Iphone 6S (0,87W/kg) par exemple, voire inférieur à 0,5W/Kg (le Samsung Galaxy S7, le Microsoft Lumia 950, etc.). Pour rappel, le DAS apparaît sur la fiche technique de chaque téléphone mobile, n'hésitez pas à la consulter avant de faire un nouvel achat. 

Le téléphone portable et ses potentiels effets nocifs n'ont pas fini de faire débattre les scientifique. Il y a un peu plus de quinze jours, la publication d'une étude australienne relançait le sujet en révélant l’absence de lien entre l'apparition du téléphone portable en Australie et l'augmentation du taux de tumeur du cerveau. 

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