Essais cliniques : les enfants doivent donner leur consentement éclairé

Si les essais cliniques sont indispensables pour faire progresser la recherche, il est nécessaire que les enfants malades donnent leur consentement absolu avant d’y participer, selon une récente étude.

Essais cliniques : les enfants doivent donner leur consentement éclairé
© Jasmin Merdan

Parfois, les documents signés pour qu'un enfant malade participe à un essai clinique ne sont pas compris. Il est pourtant indispensable que les médecins s'assurent que les enfants approuvent parfaitement leur participation à cet essai. C'est ce qui ressort d'une étude publiée dans le Lancet Oncology et réalisée par le Pr François Doz, pédiatre oncologue et directeur délégué à la recherche de l'Ensemble hospitalier de l'Institut Curie.

La participation à un essai clinique n'est pas un devoir. Pour arriver à cette conclusion, le Pr Doz a analysé avec sa collègue Kathy Pritchard Jones et le philosophe Jean-Claude Dupont, dix ans de publications concernant les essais cliniques en pédiatrie oncologique dans le monde de 2003 à 2013. Ils ont ainsi pu déterminer les exigences indispensables pour que la participation d'un enfant malade à un essai clinique réponde au mieux à l'éthique, notamment la nécessité que cet essai apporte un bénéfice potentiel au jeune patient. "Nous souhaitions attirer l'attention sur la nécessité de présenter la participation comme une possibilité et non pas comme une décision qui doit s'imposer, un devoir", a par ailleurs déclaré à l'AFP le Pr Doz. Il assure en effet que "l'alternative de refus doit être clairement présentée même si la recherche clinique est essentielle pour les progrès qu'il reste à faire tant pour améliorer le pronostic des maladies les plus graves que pour diminuer les séquelles post-thérapeutiques des maladies que l'on parvient à guérir".

En Europe, 35 000 jeunes dont 15 000 enfants âgés de moins de 15 ans se voient diagnostiquer un cancer. Actuellement, plus de 80% des enfants sont en vie cinq ans après le diagnostic. Cependant, deux tiers d'entre eux présente de multiples complications ou des séquelles liées à leur traitement ou à leur maladie.

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