Hépatite C : connaissez-vous les modes de transmission et les symptômes ?

Alors qu'un test de dépistage rapide de l'hépatite C sera bientôt disponible, une étude pointe les lacunes des Français à l'égard de cette infection virale difficile à diagnostiquer.

Hépatite C : connaissez-vous les modes de transmission et les symptômes ?
© Illia Uriadnikov - 123 RF

Très attendus par les milieux associatifs, les tests rapides d'orientation et de diagnostic (TROD) du VHC devraient arriver sur le marché français en mai prochain. Même si des médicaments innovants sont arrivés sur le marché en 2013, l'hépatite C ne bénéficie, pour l'heure, d'aucun vaccin. C'est donc pour renforcer le dépistage de l'hépatite C, en particulier auprès des populations les plus exposées, que ces tests seront proposés dans les structures de prévention ou associatives, dans les Centres d'Accueil et d'Accompagnement à la Réduction des risques pour Usagers de Drogues (CAARUD) et dans les CSAPA (centres de soins, d'accompagnement et de prévention en addictologie).

Mode de transmission du virus de l'hépatite C

Selon une enquête réalisée par l'Ifop pour HF Prévention en avril 2016, seules 21 % des personnes interrogées connaissent les modes de transmission du VHC. Il faut donc savoir que l'hépatite C se transmet dans près de trois-quarts des cas par voie sanguine (toxicomanie essentiellement). Le reste du temps, la transmission peut se faire lorsque des soins invasifs se font dans des conditions d'hygiène non réglementaires (piercing, tatouage, séances d'acupuncture, soins dentaires, etc.), y compris à l'hôpital (endoscopie digestive, dialyse, etc.). A noter que la transmission sexuelle du virus VHC est rare : elle nécessite en effet la présence de sang pendant les rapports (pénétrations anales non protégées, viol, rapports sexuels non protégés avec une femme porteuse du virus pendant les règles).

Les symptômes de l'hépatite C

3 % seulement des Français connaissent les symptômes de l'hépatite C et 70 % les ignorent totalement. L'idée selon laquelle l'hépatite C provoque la jaunisse est fausse. Ce qu'il faut retenir, c'est que l'hépatite C évolue silencieusement pendant plusieurs années. Elle est donc le plus souvent asymptomatique. Après la période d'incubation, le virus peut provoquer une inflammation du foie, sans que le malade ne ressente aucun signe. Par ailleurs, même si la fatigue est un symptôme fréquent, il est compliqué de faire le lien avec l'hépatite C. C'est pourquoi le dépistage est indispensable. 

Le dépistage : comment ?

Dans cette enquête, seul un répondant sur cinq s'est fait dépister pour le VHC. Pourtant, il suffit d'une simple prise de sang pour diagnostiquer l'hépatite C. Et le dépistage est d'autant plus utile que plus l'hépatite C est dépistée tôt, mieux elle se soigne. En revanche, les retards de diagnostic peuvent conduire à de graves complications (cirrhoses, cancer du foie…). De même que vous faites contrôler votre glycémie ou votre taux de cholestérol, n'hésitez donc pas à de demander à votre médecin traitant un dépistage de l'hépatite C. Car au-delà des populations à risque, l'hépatite C peut a priori toucher tout le monde. Selon les dernières estimations de l'Institut de Veille Sanitaire (InVS) 75 000 personnes ignorent qu'elles sont infectées en France.

Quels traitements ?

Plus d'un tiers des répondants pensent qu'il existe un vaccin contre l'hépatite C et moins de la moitié savent que l'on peut en guérir. On le répète donc : il n'existe pas de vaccin contre l'hépatite C. Quant aux médicaments, on dispose depuis 2013 de traitements anti-viraux révolutionnaires : ils permettent en effet de guérir la quasi-totalité des malades, en un temps record (3 à 6 mois) et sans effets secondaires. En théorie en tout cas. Car se pose la question cruciale, de l'accès aux traitements. En raison des tarifs excessifs pratiqués par les laboratoires, ces médicaments sont en quelque sorte rationnés : les patients les plus sévèrement atteints par le virus en bénéficient en priorité. Un paradoxe, que dénoncent régulièrement les associations de patients

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