Infections sexuellement transmissibles : encore trop d’idées reçues

Les 18-35 ans méconnaissent globalement les infections sexuellement transmissibles et leurs modes de contamination.

Infections sexuellement transmissibles : encore trop d’idées reçues
© Dmitriy Shironosov - 123 RF

Les jeunes Français de 18 à 35 ans présentent encore des lacunes en matière de connaissance sur les infections sexuellement transmissibles (IST), aussi appelées MST. C'est ce qui ressort d'une étude Harris Interactive pour le Syndicat National des Dermato-Vénéréologues (SNDV), révélée le 22 mars.

A cette occasion, le syndicat des dermatologues a rappelé la recrudescence des infections sexuellement transmissibles dans leurs consultations. En particulier avec le retour de la syphilis, dont le nombre de cas annuels est estimé entre 4000 et 5000.

Grand flou autour des modes de contamination. Une part non négligeable des jeunes interrogés craint des risques de contamination là où il n'y en a pas ou très peu : 27 % pensent par exemple pouvoir être contaminés en utilisant la brosse à dent de quelqu'un. Par ailleurs, 3 personnes sur 10 ignorent que les IST sont transmissibles par voie anale. Bref, il existe un grand flou quant aux modes de contamination. Rappelons donc que les infections sexuellement transmissibles sont provoquées par des microbes (virus, bactéries, parasites) transmis d'une personne à l'autre principalement au cours des relations sexuelles. De plus, les modes de transmission sexuelle, notamment pour les chlamydiæ, sont multiples : la pénétration vaginale ou anale est le mode le plus répandu, mais parfois un simple contact peau à peau peut suffire. 
On peut donc avoir contracté une infection lors d'un rapport sexuel, qu'il y ait pénétration ou non, et quel que soit le sexe de son partenaire. L'infection par le VIH, l'hépatite B et parfois la syphilis, peuvent également se transmettre par voie sanguine.

Connaissez-vous les condylomes ? Si les jeunes identifient bien le VIH, l'herpès génital, la syphilis ou encore les poux pubiens (morpions), d'autres infections courantes leur échappent. Ainsi, les infections à mycoplasmes, la gonococcie, les condylomes, le chancre mou, les infections à trichomonas et la maladie de Nicolas Favre ne sont connues que par moins de 20 % des 18-35 ans. Et à l'inverse, un sur trois désigne comme IST une maladie qui n'en est pas une (psoriasis, hépatite A...).

Autre constat inquiétant, si la grande majorité consulterait un médecin au moindre signe suspect, une personne sur dix de cette tranche d'âge estime qu'il n'est pas nécessaire de prévenir de futurs partenaires en cas de signes possibles d'IST. A ce sujet, les femmes semblent plus prévenantes que les hommes : 53% préviennent leur partenaire du risque contre seulement 43% des hommes. "Globalement, les femmes sont plus responsables", explique à l'AFP le Dr Sulimovic.

Sous-utilisation du préservatif. Bien que plus de 8 personnes interrogées sur 10 (84 %) considèrent que le préservatif est la meilleure protection contre les MST, ils ne sont que 54 % à l'utiliser systématiquement lors des rapports sexuels, un tiers déclare ne l'utiliser qu'avec des partenaires occasionnels et plus de la moitié (51%) déclarent ne pas toujours avoir de préservatif sur eux. Une sous-utilisation du préservatif que montre aussi la dernière enquête de la mutuelle étudiante Smerep qui pointe même qu'en Ile-de-France, un étudiant sur cinq n'utilise jamais de préservatif.

Pour toucher ce jeune public, le syndicat des dermatologues (SNDV), propose une application gratuite "MSTRisk" (sur l'App store et Google play) qui aborde les MST de manière graphique par le biais des symptômes et un site "mstprevention.com" sur les modes de transmission et les traitements.

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