Tampons : le gouvernement veut davantage de transparence sur leur composition

Martine Pinville, Secrétaire d'Etat chargée de la Consommation souhaite répondre aux interrogations des consommatrices qui s'inquiètent d'une éventuelle toxicité des protections féminines. Elle saisira prochainement la Commission européenne.

Tampons : le gouvernement veut davantage de transparence sur leur composition
© Daniela Staerk - 123RF

Actuellement, il est impossible de savoir de quoi sont constituées les protections féminines. La liste des composés n'est présente, ni sur les emballages, ni dans les notices. Au regard de la réglementation, tampons et serviettes appartiennent à la catégorie "articles d'hygiène". Mais c'est le cas aussi des mouchoirs en papier, dont la composition est bien indiquée sur les emballages. Alors, pourquoi cacher celle des tampons ?

Vendredi 4 mars, Martine Pinville, Secrétaire d'Etat chargée de la Consommation, a réuni au ministère de l'Economie, les fabricants et distributeurs de produits de protection féminine. Dans un communiqué de presse, elle explique qu'elle souhaite "répondre aux attentes et aux préoccupations des consommatrices sur la composition et la sécurité de ces produits." Selon elle, les interrogations, mises en lumière récemment, sont "légitimes".

Tout a commencé avec une pétition lancée en juillet dernier sur le site change.org par une étudiante française, après qu'un mannequin ait perdu une jambe à la suite d'un choc toxique. Objectif : interpeller les fabricants pour qu'ils soient plus transparents vis-à-vis de la composition des serviettes et des tampons. A ce jour, elle est soutenue par plus de 219 000 signataires.

Dans son numéro de mars, le magazine 60 Millions de consommateurs a de son côté publié, après enquête, la liste des matières premières de plusieurs marques de tampons et serviettes hygiéniques. Des composés potentiellement toxiques, à l'état de traces, ont été détectés dans 5 des 11 références analysées : dioxine, dérivés halogénés, pesticides, dont le glyphosate.

Pour l'heure, rien ne permet de dire que ces substances sont dangereuses pour les femmes, les quantités relevées étant très faibles. Toutefois, alors que certaines d'entre elles sont soupçonnées d'être des perturbateurs endocriniens, l'Institut national de la consommation (INC) qui édite la revue 60 Millions de consommateurs, a souligné l'absence de données scientifiques évaluant le risque pour les femmes. En particulier, il n'existe pas d'étude sur le passage de ces substances à travers la muqueuse vaginale.

Sécurité et transparence. "Les récentes étude n'ont pas révélé de situation de danger pour les consommateurs", a confirmé Martine Pinville. Mais selon elle, il est de "la responsabilité des professionnels", "d'assurer la mise sur le marché de produits sûrs pour les consommateurs", et "d'assurer les conditions de la transparence de l'information qui leur est donnée sur la composition des produits, tant sur les étiquetages, les notices d'utilisation, que les sites Internet des fabricants." Aussi, la Secrétaire d'Etat chargée de la Consommation a demandé à la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) de conduire une campagne de contrôle en laboratoire de l'ensemble des produits mis sur le marché pour s'en assurer.

Concernant le syndrome du choc toxique, lié aux conditions d'utilisation des produits, elle a rappelé "l'exigence là-aussi d'une information claire et lisible".

Martine Pinville demandera "prochainement" l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES) de se pencher sur les méthodes de détection et de mesure des substances incriminées, comme les résidus de pesticides et dioxines, dans les protections hygiéniques et "sur leur impact pour la santé des consommatrices".

Elle a aussi indiqué qu'elle saisira "très prochainement" la Commission européenne sur la composition et la sécurité des tampons et protections féminines "pour qu'une réflexion sur les règles de sécurité applicables à ces produits puisse être engagée en Europe, et que les campagnes de contrôle puissent être coordonnées." Plusieurs fabricants se sont par ailleurs engagés à améliorer l'information des consommatrices.

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