Zika et microcéphalies : les pesticides, coupables ?

Selon des chercheurs argentins et brésiliens, les malformations congénitales qui touchent les bébés brésiliens pourraient avoir une autre cause que celle avancée jusqu’à présent. Explications.

Zika et microcéphalies : les pesticides, coupables ?
© InVS

[Mise à jour 18/02] L'association Abrasco a démenti avoir fait le lien entre les microcéphalies et l'utilisation d'insecticides. En savoir plus.

L'OMS devrait se prononcer prochainement sur les liens entre le virus Zika et les cas de microcéphalies observés de manière inhabituelle chez les nourrissons brésiliens. La communauté scientifique internationale suspecte ainsi très fortement le virus d'être la cause de graves complications survenant chez les nourrissons de femmes enceintes infectées par le virus. Dans une étude publiée le 11 février par la revue américaine spécialisée New England Journal of Medecine, des chercheurs slovènes rapportent d'ailleurs avoir identifié le Zika dans des tissus cérébraux du foetus d'une femme rentrée l'an passé du Brésil, où elle avait contracté le virus, et "en l'absence de toute autre cause". 

Mais voilà qu'une équipe argentine a établi un lien entre ces malformations congénitales de la tête et l'utilisation à large échelle d'un insecticide, visant à lutter contre les moustiques tigres. Autrement dit, le virus ne serait pas directement responsable. Des chercheurs accusent ainsi le pyriproxyphène, un insecticide fabriqué par Sumitomo, un partenaire japonais de Monsanto, au Brésil et en Argentine, d'être à l'origine des malformations des nouveaux-nés au Brésil. De son côté, Monsanto précise via un communiqué, "qu'il ne commercialise pas de produits en lien avec le virus Zika" et "ne vend pas de pyriproxyfène".

Les arguments avancés par deux équipes de chercheurs indépendants, l'une au Brésil, l'autre en Argentine, sont-ils pertinents ? Premier point, ils ont observé que les mères d'enfants victimes de malformations vivent dans des zones où le gouvernement brésilien a injecté depuis 2014 cet insecticide dans les réservoirs d'eau potable – comme le conseille l'OMS – afin de lutter contre le moustique tigre. Autre argument avancé : le pyriproxyphène est utilisé massivement au nord-est du Brésil, précisément dans une région qui connait une flambée de cas de microcéphalies. Si ces observations semblent solides, reste qu'elles ne peuvent être considérées comme des preuves scientifiques. 

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