Ce qu’il faut savoir sur le virus Zika

Transmis par les moustiques, le virus Zika a été identifié pour la première fois en Ouganda en 1947. Le point sur les symptômes, le diagnostic et les traitements.

Ce qu’il faut savoir sur le virus Zika
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[Mis à jour, 07/09/2016] Depuis plusieurs mois, une épidémie majeure de Zika sévit en Amérique du Sud et en Amérique centrale. La France est concernée : la Martinique et la Guyane connaissent une période épidémique et les cas augmentent progressivement en Guadeloupe et à Saint-Martin. L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a déclaré que l'épidémie de Zika constituait une urgence de santé publique de portée internationale. 

Au total, selon le dernier bilan (13/07/2016) de l'Institut national de veille sanitaire (InVS), depuis le début de l'épidémie dans les départements français d'Amérique, 404 femmes enceintes ont été détectées positives au virus Zika en Martinique, 744 en Guyane, 263 en Guadeloupe, 16 à Saint-Martin et une à  Saint-Barthélemy. Ces femmes (dont certaines ont déjà accouché) on fait ou font l'objet d'un suivi renforcé. Aucune malformation n'a été détectée à ce jour. Plusieurs cas de syndrome de Guillain Barré ont par ailleurs été pris en charge. S'agissant de la Métropole, on a pu observer des cas importés de Zika, donc des personnes qui avaient contracté le virus lors d'un séjour dans une zone endémique. 

Comment attrape-t-on le virus Zika?

Le virus Zika se transmet à l'homme via la piqûre d'un moustique appelé Aedes aegypti, un cousin du moustique tigre. Le moustique se contamine en fait en prélevant le virus dans le sang d'une personne infectée. Celui-ci se multiplie ensuite dans le moustique, qui pourra, à l'occasion d'une autre piqûre, transmettre le virus à une nouvelle personne.

Le temps d'incubation, c'est-à-dire la durée pendant laquelle une personne infectée par le virus peut contaminer les moustiques, est de 3 à 12 jours à partir du moment où elle s'est faite elle-même piquer. Pendant cette période, il faut donc éviter qu'une personne infectée se fasse piquer et qu'elle transmette ainsi le virus à d'autres moustiques afin de rompre le cycle de transmission virale.

Peut-on être contaminé par voie sexuelle ?
La transmission via une piqûre de moustique est le mode de contamination le plus répandu. La transmission du virus par voie sexuelle est de plus désormais prouvée. En effet, on a la preuve que le virus peut se retrouver dans le sperme et être un vecteur d'infection. Des cas de transmission au sein de couples, de l'homme vers la femme, lorsque le partenaire masculin a voyagé au préalable dans une zone où circulait le virus, ont été observés. Donc aujourd'hui, on considère que la transmission sexuelle existe, sans aucun doute. Reste à déterminer la part des contaminations sexuelles par rapport au mode de contamination classique.

Se pose donc la question de mesures de précaution. Suite à  un avis du conseil national professionnel de la gynécologique obstétrique, le ministère de la Santé recommande l'emploi du préservatif pour les femmes enceintes ou en âge de procréer en zones d'endémie, ou dont le compagnon est suspect d'être infecté. De plus, pour un couple dont le partenaire homme aurait séjourné dans une région à risque, il est recommandé d'avoir des rapports protégés pendant toute la durée de la grossesse.

Quant aux couples pour lesquels il n'y a pas de grossesse, toute personne provenant d'un pays touché par le virus Zika doit se protéger lors des rapports sexuels durant les six mois qui suivent son retour dans le pays, qu'elle présente ou non les symptômes du virus (recommandations OMS, septembre 2016).

Par ailleurs, un cas de transmission sexuelle du virus par une femme au cours d'un rapport non protégé a été rapporté vendredi 15 juillet 2016 par les Centres fédéraux de contrôle et de prévention des maladies (CDC) aux Etats-Unis. A noter toutefois que la jeune femme était en début de période menstruelle. Les scientifiques font donc l'hypothèse que son partenaire a pu être en contact avec de faibles quantités de sang, ce qui a sans doute favorisé la transmission du virus.  

Quels sont les symptômes ?

Les symptômes sont le plus souvent bénins et de type grippal (maux de tête, courbature, fatigue) avec des éruptions cutanées. Le Zika peut également se manifester par une conjonctivite ou par une douleur derrière les yeux, ainsi que par un œdème des mains et/ou des pieds. La fièvre apparaît peu élevée et transitoire. "Il est difficile, sur ces seuls symptômes, de faire un diagnostic, notamment lorsque coexistent dans la même zone géographique d'autres arboviroses telles que la dengue ou le chikungunya", souligne l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (Inpes). Surtout que dans la plupart des cas, 70 à 80% des cas, ce virus ne donne lieu à aucun symptôme, ce qui complique sa détection et donc son endiguement.

Comment pose-t-on le diagnostic de la maladie à virus Zika?
Dans la plupart des cas, le diagnostic de maladie à virus Zika se fonde sur les symptômes et les antécédents récents (par exemple, piqûres de moustique ou voyage dans une zone où l'on sait que le virus Zika est présent). Dans un second temps, le laboratoire peut confirmer le diagnostic au moyen de tests hématologiques.

Quels sont les traitements?

Il n'existe pas à ce jour de traitement spécifique contre le Zika. Le traitement est avant tout symptomatique et repose notamment sur la prise d'antalgiques (comme le paracétamol), et le repos. Aucun vaccin n'est par ailleurs disponible. En cas d'éruption cutanée avec ou sans fièvre et au moins deux signes évocateurs (douleurs conjonctivales, douleurs musculaires et articulaires, arthralgies, myalgies), il est nécessaire de consulter un médecin sans délai.

Les complications : microcéphalies chez les bébés

La maladie Zika est dite "bénigne" dans la plupart des cas. Mais des complications neurologiques en lien avec l'infection par le virus Zika, de type syndrome de Guillain-Barré, ont été décrites au Brésil, en Polynésie française, mais aussi en Martinique (1 cas). Le syndrome de Guillain-Barré est une affection où le système immunitaire attaque une partie du système nerveux. Les principaux symptômes sont une faiblesse musculaire et des picotements dans les bras et les jambes. 

Par ailleurs, une augmentation inhabituelle des cas de microcéphalie chez les fœtus et les nouveau-nés a été constatée au Brésil dès novembre 2015. Il s'agit d'une anomalie rare du nourrisson consistant en une petitesse excessive de la tête. Elle est due au développement anormal du cerveau de l'enfant dans l'utérus ou au cours de la petite enfance. Pendant la croissance, les nourrissons et les enfants atteints de microcéphalie présentent souvent des troubles du développement du cerveau. 

Après que le virus Zika ait été isolé dans du liquide amniotique et dans le placenta, on l'a retrouvé dans le cerveau d'un fœtus décédé in utero. Puis, le 4 mars dernier, une équipe américaine de l'Université d'État de Floride et de l'hôpital Johns Hopkins de Baltimore a annoncé sur le site Cell stem Cell avoir découvert que le virus Zika est capable d'infecter des cellules souches neurales humaines, situées au niveau du cortex et d'altérer leur fonctionnement. "Aujourd'hui, il n'y a plus de place pour le doute", a confirmé au JournaldesFemmes.com, Marie-Claire Paty, épidémiologiste à l'InVS.

Une étude brésilienne publiée dans le British Medical Journal a par ailleurs fait état de 7 cas de nourrissons dont la mère avait été infectée par le virus Zika durant la grossesse, qui présentent des calcifications cérébrales et de l'arthrogrypose, maladie neurologique entraînant de sévères déformations articulaires. Les chercheurs émettent l'hypothèse que le virus Zika engendre des problèmes neurologiques, qui provoquent alors l'apparition d'arthrogrypose.

Comment se protéger ?

Quelles recommandations pour les femmes enceintes et les nourrissons ?

En l'état actuel des connaissances, toute la grossesse est considérée comme une période à risque. Par précaution, il est donc recommandé aux femmes enceintes (et ayant un projet de grossesse) de différer leur voyage dans les zones épidémiques. Sur place, les femmes enceintes doivent se protéger des moustiques et éviter tout rapport sexuel non protégé pendant toute la durée de la grossesse.

Comment se protéger des moustiques ? En appliquant des produits répulsifs, en portant des vêtements (de préférence de couleur claire), en couvrant le plus possible le corps et en dormant sous des moustiquaires. Il est en outre important de vider, de nettoyer ou de couvrir tous les contenants susceptibles de retenir l'eau même en petite quantité, comme les seaux, les pots de fleurs ou les pneus, de façon à éliminer les endroits où les moustiques peuvent se reproduire. Les femmes enceintes doivent se protéger par tous les moyens disponibles contre les piqûres de moustiques (port de vêtements longs couvrant les bras et les jambes jusqu'aux chevilles, si possible imprégnés de répulsifs, moustiquaires imprégnées de répulsifs dans l'habitat, utilisation de répulsifs, etc.) et tout particulièrement au cours des deux premiers trimestres de la grossesse. Et de consulter sans délai en cas de symptôme. Les berceaux et les poussettes doivent être protégés par des moustiquaires imprégnées. 

Faut-il éviter de voyager dans des zones touchées par le virus Zika ?
La ministre de la Santé, Marisol Touraine, recommande aux futures mamans de "différer leur voyage en Martinique, en Guyane et dans les territoires d'outre-mer" en raison de "l'épidémie sérieuse" du virus Zika et des risques pour le bébé. Les autorités sanitaires de Floride ont également déconseillé aux femmes enceintes de fréquenter le quartier de Wynwood à Miami en raison du risque important de contamination. 

A noter que contrairement au moustique vecteur du paludisme, l'Aedes a une activité diurne, en particulier le matin et en fin de journée. C'est donc surtout dans la journée qu'il faut se protéger, conseille le ministère de la Santé.

Quels sont les risques en France?

La saison hivernale actuelle n'est pas propice au développement des moustiques en métropole et il n'y a donc pas aujourd'hui de risque épidémique dans l'hexagone.

La liste des produits adaptés dans ce contexte est disponible sur le site du ministère de la santé. 

S'informer sur le site de l'OMS.

Questions / Réponses sur le virus Zika sur le site de l'Inpes

EN VIDEO : Un cas de transmission sexuelle du virus Zika confirmé au Texas

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