Déserts médicaux : 10 mesures incitatives pour soutenir l'installation des médecins libéraux

Marisol Touraine a présenté un plan pour inciter les médecins libéraux, en particulier les plus jeunes, à exercer dans les territoires en manque de professionnels de santé.

Déserts médicaux : 10 mesures incitatives pour soutenir l'installation des médecins libéraux
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Avec ce "Pacte Territoire Santé 2", Marisol Touraine souhaite répondre à un objectif ambitieux : celui de permettre à chaque Français de pouvoir se soigner facilement près de chez lui, partout sur le territoire. Et ainsi d'apporter une réponse à la pénurie de médecins, qui touche en particulier - pour des raisons de plus faible attractivité - les zones rurales, le Nord de la France, ainsi que les banlieues des grandes villes. 

Selon le Conseil de l'ordre des médecins, qui vient de publier la 4e edition de son atlas régional de la démographie médicale, la population médicale demeure en effet vieillissante. Certaines régions, notamment la Corse, la région Centre et l'Ile-de-France dénombrent environ 30% de médecins de plus de 60 ans. D'autres régions en revanche (Nord-Pas de Calais, Pays de la Loire, Bretagne) parviennent à mieux combler les départs à la retraite. Le Conseil de l'Ordre souligne néanmoins que "si le nombre de médecins en activité régulière (non retraités et non remplaçants) baisse sur l'ensemble du territoire, et de manière préoccupante dans certaines régions comme la Bourgogne et l'Ile-de-France, certains départements, notamment ceux qui comptent un CHU, voient leur nombre de médecins augmenter (Ille-et-Vilaine, Indre-et-Loire, par exemple)." 

Mesures incitatives. Hier, Marisol Touraine, ministre de la Santé, a présenté à Dijon, dans le cadre du 15e Congrès annuel du Collège national des généralistes enseignants, les 10 engagements visant à lutter contre les déserts médicaux. L'objectif : inciter les jeunes médecins à s'installer dans les régions les plus pauvres en médecins. Les mesures annoncées s'inscrivent dans la lignée du Pacte Territoire Santé 1. Le gouvernement, opposé aux mesures coercitives, prône donc des mesures incitatives. Au-delà des mesures financières (revenus garantis), le plan vise à dessiner une nouvelle pratique médicale où les médecins sont mieux accompagnés et surtout moins isolés (travail en équipe, télémédecine…). Mais aussi à valoriser la médecine générale (enseignement, stages...), laquelle souffre, depuis quelques années, d'une mauvaise image auprès des étudiants en médecine.

  • Augmentation du numerus clausus dans 10 régions désertées.
  • Augmentation du nombre de médecins libéraux enseignants et revalorisation de la rémunération versée aux maîtres de stage.
  • Lancement d'un portail d'accompagnement des médecins (www.paps.sante.fr) pour les aider dans leur installation au quotidien. 
  • Déblocage d'un budget de 40 millions d'euros pour développer la télémédecine pour les patients chroniques et les soins d'urgence.
  • Accompagnement financier des cabinets médicaux pour accueillir des patients sans rendez-vous et éviter de se rendre dans les services d'urgence lorsque ce n'est pas nécessaire.
  • Développement des stages en cabinet de ville : jusqu'alors réservés aux étudiants en médecine générale, les stages en ville seront ouverts aux étudiants d'autres spécialités comme l'ophtalmologie ou la pédiatrie.
  • Renforcement des aides à l'installation aux jeunes médecins dans les territoires désertés. Les garanties de revenus ouvertes aux généralistes depuis 2012 seront désormais ouvertes aux spécialistes.
  • Soutien financier apporté au travail en équipe (1000 maisons de santé en fonctionnement d'ici 2017) et création ou rénovation de maisons ou centres de santé dans les quartiers prioritaires.
  • Augmentation du nombre de médecins correspondants du SAMU (700 d'ici 20107) pour garantir l'accès aux soins urgents en moins de 30 minutes partout sur le territoire.
  • Soutien à la recherche en soins primaires.

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