Diabète de type 2 : pourquoi il faut agir vite

Plus tôt un diabète est dépisté, plus sa prise en charge est facilitée. En l’absence de symptôme, il est donc indispensable de faire régulièrement des bilans sanguins.

Diabète de type 2 : pourquoi il faut agir vite
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Le diabète progresse dans le monde, mais aussi en France. A l’occasion de la Journée Mondiale du Diabète le 14 novembre, l’Association Française des diabétiques (AFD) rappelle que l’on compte aujourd'hui plus de 3,5 millions de personnes diabétiques en France et que 400 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque jour. En outre, 700 000 personnes seraient actuellement diabétiques sans le savoir. "Si rien n’est fait, d’ici 15 ans, c’est 1 Français sur 10 qui sera touché par la maladie", martèle encore l’association.

Et si vous étiez diabétique sans le savoir ? Tout le problème, c’est que la forme la plus répandue de diabète, le diabète de type 2, est une pathologie qui s’installe insidieusement, sans symptôme. Aussi, la maladie se manifeste bien souvent lorsque les troubles et pathologies associées la révèlent. En effet, lorsque la glycémie (taux de sucre dans le sang) augmente, cela altère notamment la paroi des vaisseaux sanguins dans tout l’organisme. En découle donc potentiellement des conséquences qui peuvent toucher tous les organes, du cœur (risque d’infarctus et d’AVC) aux reins (insuffisance rénale), en passant par les membres. La première cause d’amputation est d’ailleurs le diabète. Selon une étude publiée par l’Institut de veille sanitaire (InVS) en novembre, "chaque année, en France, 8 000 personnes doivent être amputées d’un membre inférieur à cause d’une complication de leur diabète." Des amputations qui touchent des personnes de 71 ans en moyenne et se répartissent ainsi : orteil (52% des cas), pied (19%), jambe (17%) et cuisse (12%), précise l’InVS.

Se faire dépister régulièrement. Plus le diabète est identifié précocement, plus sa prise en charge est facilitée. Il faut savoir que les antécédents familiaux, le surpoids, l’obésité abdominale, l’hypertension ou encore l’hypercholestérolémie peuvent être des indicateurs d’un risque accru de diabète de type 2. Aussi, devant un ou plusieurs de ces troubles, il est indispensable de faire surveiller sa glycémie tous les 3 ans. Par ailleurs, même un "petit diabète" (taux de sucre dans le sang entre 1,10 et 1,25 grammes par litre) ne doit pas être sous-estimé, pour la simple et bonne raison qu’une évolution vers un diabète (supérieur ou égal à 1,26 grammes par litre) est fréquente. Chez les personnes présentant une glycémie légèrement trop élevée, la seule mise en œuvre de mesures d’hygiène de vie suffit pour repousser ou éviter l’apparition de la maladie.

Alimentation saine et activité physique, mais pas que. Si le fait de vivre sainement a clairement un impact pour freiner le diabète de type 2 et ainsi limiter le risque de complication, il faut savoir que les prédispositions génétiques jouent aussi. Le diabète ne touche donc pas uniquement les personnes dont l’hygiène de vie est insuffisante. Il n’y a donc aucune culpabilité à avoir !

Rappelons encore qu’en 2013, trois millions de personnes en France prenaient un traitement médicamenteux pour leur diabète. Parmi elles, 17 148 ont été hospitalisées pour un accident vasculaire cérébral (AVC), soit 1,6 fois plus que dans une population non concernée par le diabète. La même année, 11 737 diabétiques ont été hospitalisés pour un infarctus (2,2 fois plus) et 4 256 ont démarré un traitement pour une insuffisance rénale chronique terminale (9 fois plus).

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