Dépakine : le parquet de Paris ouvre une enquête

Cet anti-épileptique augmente le risque de malformation lorsqu’il est prescrit pendant la grossesse. Mais les patients et les médecins ont-ils été suffisamment informés ?

Dépakine : le parquet de Paris ouvre une enquête
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Selon une information du Figaro, confirmée de source judiciaire, le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire sur les conditions d'autorisation et de commercialisation des médicaments à base de valproate, indiqués dans le traitement de l’épilepsie et des troubles bipolaires, quand ils sont administrés à des femmes enceintes.  C’est à la suite du dépôt de plusieurs plaintes pour blessures involontaires et tromperie aggravée que cette enquête a été ouverte fin septembre. Les enquêteurs devront déterminer si le laboratoire et les autorités ont transmis assez tôt aux médecins et aux patientes les connaissances issues de la littérature scientifique.
Dépakine : quels risques ? Il faut savoir que ce médicament expose à deux types de risques lorsqu'ils sont prescrits pendant la grossesse. Il s'agit du risque de malformations congénitales qui concerne environ 10% des bébés et qui est mentionné dans le Vidal depuis 1986. Mais aussi des troubles intellectuels, précisés sur les notices depuis 2006. Le médicament augmente ainsi de 30% le risque de troubles neuro-développementaux : retards (marche, langage), QI inférieur à la moyenne, risque d’autisme et de troubles de l’attention. 
Dépakine : par pour les femmes enceintes. En mai dernier, les autorités de santé avaient durci les conditions de prescription et de renouvellement de ce médicament, après que l’Agence européenne du médicament ait réévalué son rapport bénéfice/risque. Avec ce message clair : l'anti-épileptique Dépakine ne doit pas être prescrit chez les adolescentes et chez les femmes en âge de procréer, sauf en cas d’inefficacité ou d’intolérance aux autres médicaments disponibles. Un "accord de soins" devant désormais être signé par le médecin et par la patiente. Mais l'information était-elle trop tardive ? Le député de Haute-Garonne et ancien président de la mission parlementaire sur le scandale du Mediator, Gérard Bapt  avait alors évoqué un "drame sanitaire", révélant "les dysfonctionnements majeurs" des organismes européens de surveillance des médicaments. Un mois plus tard, en juillet, la ministre de la Santé avait saisi l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) afin de reconstituer la succession des événements et des choix liés à ce produit. "L'enjeu est de nous assurer que les informations qui existent à destination des professionnels comme des patients ont bien été utilisées et répondent bien au dernier état de la science, c'est-à-dire que l'information apportée aux médecins, aux patients correspond bien au dernier état des connaissances que nous avons sur l'impact sanitaire de ce médicament", avait justifié Marisol Touraine.
 
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