L'hypnose en 5 questions / réponses

L'hypnose suscite un engouement croissant. Pourtant cette technique demeure mal connue et source de préjugés. Sommes-nous tous hypnotisables ? Faut-il craindre d'être manipulé ? Réponses.

L'hypnose en 5 questions / réponses
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"Fixez ce pendule, vos paupières son louuuuuurdes...." C'est ce que vous évoque l'hypnose ? Alors suivez ces quelques conseils, pour mieux comprendre ce qu'est l'hypnose médicale. Avec toutes les précautions que cela exige.

Qui dit hypnose, dit manipulation ?

Vous avez sans doute en tête, l'hypnose "spectacle", celle qui laisse pantois l'hypnotisé devant une assemblée amusée et médusée. L'objectif est ici de divertir, non de répondre à l'un de vos besoins. En médecine, il existe trois types d’hypnose : l’hypnoanalgésie, utilisée dans la prise en charge de la douleur, l’hypnosédation couplée à des produits anesthésiants lors d’interventions chirurgicales et examens médicaux (..) et, enfin, l’hypnothérapie, à visée psychothérapeutique.

Dans le cadre d'une thérapie sous hypnose, l'hypnotiseur n'essaie pas de vous manipuler, ni même de vous piéger, mais de vous aider à atteindre un objectif que vous avez préalablement défini en amont, par exemple : arrêter de fumer. Il va de soi qu'il ne doit rien faire contre votre volonté.

Dans le cadre de la chirurgie, le médecin associe une anesthésie locale de la région à opérer et une hypnosédation. Celle-ci répond à un processus naturel, qui permet une dissociation entre l’activité cérébrale et le monde extérieur. Le patient garde toujours le contrôle de la situation, rien ne peut lui être imposé.

L'hypnotiseur utilise un pendule pour endormir son patient ?

Là aussi, on est dans le domaine de l'imaginaire... Et bien loin de l'hypnose médicale. L’hypnothérapeute, qui est idéalement un professionnel de santé (médecin, infirmier, psychologue…) n’est pas un magicien, qui userait de toutes sortes de méthodes farfelues pour vous "endormir". D'ailleurs, lorsque vous êtes sous hypnose, vous demeurez conscient pendant toute la séance ou le soin médical. L’hypnose se définit en effet comme un état modifié de la conscience. On est ni en état de veille, ni en état de sommeil. En outre, les techniques permettant au professionnel d’hypnotiser le patient sont diverses et variées. Souvent, il s’agit de se concentrer sur un écran ou encore de penser à un événement agréable. 

Hypnotiseur = charlatan ?

Dans le cadre d'un soin médical sous hypnose à l'hôpital, vous êtes confronté à un professionnel de santé, qui a suivi une formation en hypnose. Il a donc toutes les connaissances nécessaires pour la pratiquer. Dans le cadre d'une thérapie en cabinet, il s'agit aussi le plus souvent d'un médecin ou d'un psychologue formé à l'hypnose. Mais il est vrai aussi que tout un chacun peut, du jour au lendemain, s'auto-proclammer hypnotiseur. Pour éviter les déconvenues, ne choississez pas un hypnotiseur au hasard. Faites-vous recommander par un médecin, fiez-vous au bouche-à-oreille et surtout, préférez un praticien qui possède un diplôme médical ou para-médical (infirmier, psychologue, etc.) et, si possible, qui adhère à une charte éthique.

Avec l'hypnose, on fait des miracles ?

Ce n'est pas parce qu'untel a arrêté de fumer du jour au lendemain grâce à quelques séances d'hypnose, qu'il faut en faire une généralité. D'ailleurs, on sait finalement peu de choses sur l'efficacité de l'hypnose. Mais une chose est sure : l'hypnose n'a rien de miraculeux. La clé de la réussite est avant tout la motivation de la personne qui se fait hypnotiser. Et le succès de la thérapie dépend en grande partie de vous, de votre réceptivité et de votre volonté à vous sortir du problème qui vous préoccupe. Sans cela, il y a de grandes chances pour que la thérapie soit un échec. En outre, méfiez-vous des publicités alléchantes qui vous promettraient de vous guérir rapidement. L’hypnose ne guérit pas. Elle apporte un appui complémentaire à d’autres traitements ou thérapies.

Sommes-nous tous hypnotisables ?

En fait, tout le monde a en théorie les capacités pour entrer en hypnose. Mais encore faut-il le vouloir ! L’important, c’est que le patient soit volontaire et motivé par cette approche. Question de bon sens. On estime qu'environ 80 % des patients sont réceptifs à ce type de thérapie. 

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